Actualisé 25.12.2011 à 21:31

NigeriaCinq explosions durant des messes de Noël

Deux attentats visant des églises au Nigeria ont fait au moins 40 morts le jour de Noël, dimanche. Le plus sanglant a été revendiqué par la secte islamiste Boko Haram.

L'attaque visant une église à Madalla a fait 27 morts.

L'attaque visant une église à Madalla a fait 27 morts.

Trois autres attaques ont aussi eu lieu dans le nord-est du pays, alors que le gouvernement évoque une guerre.

«C'est comme si une guerre interne avait été lancée contre le pays. Nous devons vraiment être à la hauteur et faire face», a déclaré le ministre chargé de la police, Caleb Olubolade. Il s'est rendu sur les lieux d'un des attentats.

Le conseiller nigerian pour la sécurité, Owoye Azeazi a de son côté dénoncé des «attaques lâches et irréfléchies et (...) préméditées» perpetrées par Boko Haram.

Ces attentats, condamnés par le Vatican comme le fruit d'une «haine aveugle et absurde», surviennent après deux jours d'affrontements, jeudi et vendredi, entre des membres de Boko Haram et les forces de l'ordre dans le nord-est. Ils auraient fait près de cent morts.

L'attaqque la plus meurtrière, avec au moins 35 morts selon le dernier bilan en date, s'est produit à l'extérieur de l'église catholique Sainte Theresa à Madalla, en périphérie d'Abuja, la capitale fédérale. Il a eu lieu à la fin de la messe de Noël.

«Nous sommes responsables»

L'attaque a été revendiquée par Boko Haram, un groupe qui prône la création d'un Etat islamique au Nigeria et auquel sont imputés la plupart des violences récurrentes dans le nord à majorité musulmane.

Boko Haram signifie en langue haoussa «l'éducation occidentale est impure». Le groupe s'inspire du mouvement des taliban afghans. Ses partisans portent longues barbes et foulards rouges ou noirs.

«Nous sommes responsables de toutes les attaques de ces derniers jours, y compris celle à la bombe contre l'église de Madalla. Nous continuerons à lancer de telles attaques dans le nord du pays dans les prochains jours», a déclaré par téléphone à l'AFP un porte- parole des islamistes, Abul Qaqa.

Un peu plus tard, un second attentat a visé une église évangélique de Jos, épicentre de violences intercommunautaires dans le centre du pays, selon un responsable local et des témoins.

«Une bombe a explosé à l'église Mountain of fire. Un policier qui surveillait l'église a été tué et trois véhicules ont brûlé», a déclaré un porte-parole du gouverneur de l'Etat du Plateau, dont Jos est la capitale.

Par ailleurs, trois autres attentats ont secoué le nord-est du Nigeria, ont rapporté des témoins. Deux explosions ont été rapportées dimanche à Damaturu et une la veille au soir, contre une église, à Gadaka.

Trois policiers et un kamikaze sont morts dans l'un des attentats de Damaturu, a indiqué la police. Les deux villes sont situées dans l'Etat de Yobe, déjà secoué en fin de semaine par la vague d'attaques revendiquée par Boko Haram.

Boko Haram avait revendiqué l'attentat suicide d'août 2011 contre le siège des Nations unies à Abuja, qui avait fait 24 morts. Le mouvement s'était également attribué la responsabilité d'une vague d'attaques sanglantes la veille de Noel 2010, qui avaient visé plusieurs églises et, avec les représailles, avaient fait des dizaines de morts à Jos.

Scènes de chaos

A Madalla, près d'Abuja, l'attentat de dimanche a provoqué des scènes de chaos et endommagé l'église Sainte Theresa. Des jeunes en colère ont allumé des feux et menacé d'attaquer un commissariat de police des environs. Les policiers ont tiré en l'air pour les disperser et fermé un grand axe routier.

Des trous étaient visibles dans les murs et le toit était très endommagé. Du sang maculait les murs à l'extérieur.

A Washington, la Maison Blanche a condamné «la violence gratuite et les morts tragiques le jour de Noël».

Le Nigeria, pays pétrolier et le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants), compte environ autant de musulmans, plus nombreux dans le nord, que de chrétiens, majoritaires dans le sud. (afp)

Sarkozy condamne les violences

Le président français Nicolas Sarkozy a condamné dimanche les violences au Nigeria et exprimé sa solidarité avec «les autorités et le peuple» de ce pays «dans leur combat contre le terrorisme».

Dans un communiqué rendu public par l'Elysée, le chef de l'Etat «condamne avec la plus grande fermeté la série d'actes de violence perpétrés au Nigeria au cours des derniers jours, qui a fait plusieurs dizaines de victimes».

«La France adresse ses condoléances aux autorités et au peuple du Nigeria, et leur exprime sa solidarité dans leur combat contre le terrorisme et pour la consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit sur l'ensemble du territoire nigérian», ajoute le président de la République.

Cinq attentats dont deux visant des églises au Nigeria ont fait au moins 32 morts le jour de Noël, le plus sanglant ayant été revendiqué par la secte islamiste Boko Haram, tandis que le gouvernement évoquait une guerre.

Ces attaques surviennent après deux jours d'affrontements entre des membres de Boko Haram et les forces de l'ordre dans le nord-est, qui auraient fait près de cent morts.

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