Actualisé 24.01.2011 à 11:43

Criminalité économiqueCinq fois moins d'argent fraudé

Selon le dernier baromètre de fraude de KPMG, la criminalité économique a légèrement diminué en 2010.

Les montants concernés par la criminalité économique en Suisse ont nettement reculé en 2010, avec 365 millions de francs contre plus de 1,57 milliard l'année précédente, selon le dernier baromètre de fraude de KPMG publié lundi. La justice s'est occupée de 52 cas.

Si la somme d'argent a été divisée par cinq, le nombre de cas traités n'a accusé qu'un léger recul. En 2009, le cabinet de conseil et d'audit relevait 57 cas de criminalité économique qui avaient été portés devant les tribunaux.

KPMG attribue cette diminution à la conclusion d'accords extra- judiciaires entre les parties. En effet, «un grand nombre des entreprises lésées concluent de plus en plus souvent un accord sur le remboursement des dommages avec les collaborateurs concernés et renoncent finalement à déposer une plainte pénale», souligne-t-il.

La diminution des dommages en 2010 s'explique également car le montant de 2009 englobait «le plus important cas de crime organisé et de blanchiment d'argent sale jamais jugé en Suisse», explique KPMG. Il s'agissait de l'affaire de la mafia des cigarettes, jugée au Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone.

Cadres indélicats

Ce sont les cadres qui se sont retrouvés le plus souvent sur les bancs des accusés. Dans près d'un tiers des cas traités, les responsables s'avèrent être issus du management.

Leurs crimes portent au total sur plus de 220 millions de francs, alors que les escrocs par métier ont dépouillé quelque 70 millions à leurs victimes. Les méfaits des escrocs concernent un cinquième des affaires traitées.

Les personnes les plus lésées sont les investisseurs, qui ont été dépouillés de 130 millions de francs au total. Ils ont été notamment victimes d'abus de confiance et d'escroqueries liées à des placements.

KPMG pointe du doigt leur crédulité: «Les investisseurs se laissent aveugler par des apparences soignées, des rendements d'abord élevés ou un site internet parfait». Le cabinet leur conseille de «se montrer très sceptiques envers les gens à qui ils confient leur argent et vérifient minutieusement l'identité des parties».

Conséquences sociales

KPMG souligne que la somme délictueuse en baisse «ne doit pas nous faire sous-estimer les importants dommages causés à l'économie par la criminalité économique». Et de citer l'exemple de rentiers ayant perdu leur épargne.

Quant à la répartition géographique des délits économiques, c'est la région zurichoise qui a été la plus touchée. Près de la moitié des cas y ont été traités, avec une valeur de 198 millions de francs. La région lémanique recense elle sept cas, qui portent sur 65 millions.

Les données fournies par le baromètre de KPMG ne constituent que la pointe de l'iceberg, car seuls 20% des cas aboutissent devant un tribunal. En outre, la firme de conseil ne prend en compte que les délits économiques qui ont entraîné un dommage d'au moins 50'000 francs et dont la presse s'est fait l'écho.

(ats)

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