Actualisé 04.07.2006 à 16:13

Cinq minutes de recueillement pour les morts de Valence

Les familles en deuil des 41 morts de l'accident meurtrier de lundi dans le métro de Valence sont venues les unes après les autres réclamer leurs proches à la morgue, à la suite de cet accident, le pire de ce genre qu'ait connu l'Espagne.

La vitesse excessive de la rame de métro, qui roulait à deux fois la vitesse autorisée selon les enquêteurs, apparaît à l'origine du déraillement.

Une cérémonie de recueillement a eu lieu pendant cinq minutes à midi devant le siège de la Generalitat, le gouvernement régional de la Communauté valencienne. Sur les 47 blessés, une douzaine demeuraient hospitalisées dont deux dans un état critique.

Toutes les victimes sauf une ont été identifiées. Presque toutes étaient de nationalité espagnole sauf au moins une, selon la Croix-Rouge. Trente étaient des femmes.

Le convoi a déraillé et une des voitures s'est renversée dans le tunnel près de la station Jésus dans le centre-ville. Une roue s'est brisée en plusieurs morceaux.

Selon le conseiller (ministre) des Infrastructures et des Transports de la Généralité valencienne, José Ramón García Antón, les premières constatations n'indiquent pas une défaillance du matériel. La «boîte noire» de la rame a été récupérée, ce qui permettra, espère-t-il, d'élucider les causes d'un «accident n'ayant rien de fréquent» et dont «la survenue paraît impossible».

La rame était bondée au moment de l'accident qui s'est produit peu avant 13h, alors que beaucoup de voyageurs rentraient chez eux pour le déjeuner. Le ministre a assuré ue les essieux étaient en parfait état, tout comme le boyau du tunnel, les rails et les traverses.

Le secrétaire général du Syndicat indépendant du métro, Jorge Alvarez, estime prématuré d'attribuer l'accident à une erreur humaine. Il ajoute que son organisation avait mis en garde contre des problèmes de sécurité dans le métro, particulièrement sur la ligne concernée. Le métro valencien est vieux de 18 ans.

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a écourté une visite en Inde. Il était attendu mardi soir à Valence pour assister à une messe dans la cathédrale de Valence, aux côtés du roi Juan Carlos et de la reine Sofia.

Cet accident s'est produit alors que la ville de Valence accueille cette semaine la Cinquième rencontre mondiale des familles à laquelle doit se joindre en fin de semaine Benoît XVI. Le pape a prié pour les victimes et «a suivi avec douleur (...) les informations dramatiques», a fait savoir le Vatican. Toutes les manifestations festives autour de ces rencontres ont été annulées.

Il s'agit du deuxième accident sur la ligne n1 en moins d'un an. En septembre, une trentaine de personnes avaient été blessées, dont quatre sérieusement, dans une collision entre trois rames.

Les accidents, déjà exceptionnels, sont rarement aussi meurtriers sauf en cas d'incendie. En 2000, le métro parisien avait connu un accident similaire à celui de Valence: une rame s'était couchée à la suite d'une vitesse excessive dans une courbe, faisant 24 blessés. L'an dernier, une collision dans le métro de Bangkok avait fait 200 blessés, six mois seulement après l'inauguration du métro de la capitale thaïlandaise.

L'an dernier, plus de 60 millions d'usagers, soit une moyenne de 165.000 voyageurs par jour, ont emprunté le métro de Valence, troisième ville d'Espagne avec 800.000 habitants. Le métro compte quatre lignes et 116 stations. (ap)

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