Armement: Cinq pays ont utilisé des bombes à sous-munitions
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ArmementCinq pays ont utilisé des bombes à sous-munitions

Des armes à sous-munitions ont été employées en Syrie, en Libye, au Soudan, en Ukraine et au Yémen.

Le total des victimes des armes à sous-munitions est estimé à plus de 55'000.

Le total des victimes des armes à sous-munitions est estimé à plus de 55'000.

Cinq pays ont utilisé des bombes à sous-munitions cette année, a indiqué jeudi à Genève la Coalition contre les armes à sous-munitions. En Syrie, ces armes qui tuent avant tout des civils ont fait près de 2000 morts depuis 2012.

En vue de la première conférence de révision de la Convention interdisant les armes à sous-munitions, organisée dès le 7 septembre à Dubrovnik (Croatie), la Coalition documente dans son rapport annuel cinq cas récents d'abus. Ces armes ont été utilisées en Syrie, en Libye, au Soudan, en Ukraine et au Yémen.

Les forces gouvernementales syriennes ont commencé à utiliser des bombes à sous-munitions larguées depuis les airs au milieu de 2012, puis des armes à sous-munitions de type roquette dans des attaques «qui semblent continuer actuellement», selon le rapport de la Coalition. Le groupe Etat islamique a utilisé des armes à sous-munitions de type roquette dans la deuxième moitié de l'an dernier.

Depuis 2012, le rapport évalue à au moins 1968 les victimes d'armes à sous-munitions en Syrie. Des bombes à sous-munitions ont été larguées par ailleurs dans deux endroits en Libye au début de l'année. Il n'a pas été possible de déterminer avec certitude qui en est responsable.

Les forces armées au Soudan ont utilisé des bombes à sous-munitions larguées depuis les airs dans la province du Kordofan du Sud pendant la première moitié de l'année. Cela fait suite à un usage précédent en 2012.

En Ukraine et au Yémen

Les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie ont utilisé ces armes de type roquette dans les provinces de Donetsk et Louhansk à l'est de l'Ukraine au cours d'attaques qui ont commencé en 2014. Elles ont pris fin après le cessez-le-feu de février 2015.

Enfin, l'Arabie saoudite «et probablement d'autres membres de la coalition» menée par ce pays ont utilisé des armes à sous-munitions fabriquées aux Etats-Unis dans le nord du Yémen depuis mars dernier au cours de leurs opérations contre les Houthis.

Le rapport de l'Observatoire des armes à sous-munitions indique également qu'au cours de l'année écoulée des personnes ont été tuées ou blessées dans 15 autres pays et territoires par des sous-munitions non explosées.

Le total des victimes de ces armes est estimé à plus de 55'000, dont un grand nombre en Afghanistan, en Irak, au Liban et au Laos (dans ce pays suite à l'utilisation massive de bombes à sous-munitions par les Etats-Unis il y a plus de 40 ans). Au moins 25 pays sont contaminés par ces engins de mort.

Stocks détruits en Suisse

A ce jour, les 117 Etats qui ont signé ou ratifié (47 ratifications) la Convention ont détruit 1,3 million d'armes et 160 millions de sous-munitions, affirme encore le rapport, soit 88% des armes à sous-munitions et 90% des sous-munitions déclarées par les Etats parties.

Au cours de l'année 2014, plus de 121'000 armes à sous-munitions et 16,4 millions de sous-munitions ont été détruites dans les stocks de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, du Mozambique, de la Suède, de la Suisse et d'autres Etats parties, précise le rapport. Le Japon a achevé la destruction de son stock en février et le Canada à la fin de l'an dernier.

Les bombes à sous-munitions ont été interdites en raison de leurs effets indiscriminés. Tirées par de l'artillerie, des systèmes de roquettes ou larguées par avion, elles explosent en général dans les airs tout en dispersant des douzaines, parfois des centaines de petites bombes sur une zone de la taille d'un terrain de football. Les sous-munitions n'explosent souvent pas au point d'impact initial et deviennent de dangereux restes explosifs aussi mortels pour les civils que les mines antipersonnel. (ats)

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