RDC - Cinq personnes tuées par les gaz toxiques de la lave du Nyiragongo
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RDCCinq personnes tuées par les gaz toxiques de la lave du Nyiragongo

Au moins cinq personnes ont été retrouvées mortes lundi, asphyxiées par les émanations toxiques de la lave du volcan entré en éruption samedi dans l’est de la République démocratique du Congo.

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Un lac de lave est réapparu dans le cratère du volcan Nyiragongo, sans constituer un danger imminent, quatre mois après l’éruption qui avait causé la mort de 32 personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. (Dimanche 26 septembre 2021)

Un lac de lave est réapparu dans le cratère du volcan Nyiragongo, sans constituer un danger imminent, quatre mois après l’éruption qui avait causé la mort de 32 personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. (Dimanche 26 septembre 2021)

AFP
Les autorités de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé étudier un «probable retour» des habitants à Goma, évacués le 27 mai dernier par crainte d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo. (Jeudi 3 juin 2021)

Les autorités de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé étudier un «probable retour» des habitants à Goma, évacués le 27 mai dernier par crainte d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo. (Jeudi 3 juin 2021)

AFP
Le volcan reste actif et les autorités craignent une «éruption limnique». Si de la lave s'écoule sous le lac Kivu, il y aura assurément des milliers de victimes. L'Observatoire de volcanologie de la ville de Goma n'écarte pas ce scénario cauchemardesque. (2 juin 2021)

Le volcan reste actif et les autorités craignent une «éruption limnique». Si de la lave s'écoule sous le lac Kivu, il y aura assurément des milliers de victimes. L'Observatoire de volcanologie de la ville de Goma n'écarte pas ce scénario cauchemardesque. (2 juin 2021)

AFP

Au moins cinq personnes ont été retrouvées mortes lundi, asphyxiées par les émanations toxiques de la lave rocheuse du volcan Nyiragongo entré en éruption samedi soir dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). «Nous venons de découvrir cinq personnes mortes» dans la zone de Kibati, a déclaré à Mambo Kawaya, président de la société civile de Nyiragongo, en périphérie nord de la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu.

Une autre personne est dans un «état critique, respirant difficilement, et a été acheminée à l’hôpital», a ajouté M. Kawaya. Ces personnes, essentiellement des jeunes gens, ont été «asphyxiées par le gaz de la lave» en train de se refroidir et qu’ils tentaient de traverser à environ 13 km au nord de Goma, là où la coulée a coupé un important axe routier reliant Goma au nord de la province.

Le volcan Nyiragongo, dont les pentes dominent Goma et le lac Kivu, était entré soudainement en éruption samedi soir, provoquant la peur et la fuite des populations. Deux coulées de lave se sont échappées de ses flancs, dont une est arrivée jusqu’à la lisière de Goma, où elle s’est immobilisée dimanche matin. La route Nationale 4 a été coupée sur plusieurs centaines de mètres entre Goma et Butembo, interrompant la circulation sur cet important axe de commerce régional proche des frontières du Rwanda et de l’Ouganda voisins.

Des habitants traversent une zone enfumée sur la lave encore chaude à Goma.

Des habitants traversent une zone enfumée sur la lave encore chaude à Goma.

AFP

Incertitudes

Une «incertitude» persiste sur la poursuite de l’activité du volcan Nyiragongo, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dont les alentours étaient toujours secoués lundi par d’intenses et fréquents tremblements de terre, selon un volcanologue local. «La coulée de lave n’évolue plus, mais les tremblements de terre continuent à être ressentis» et il y a toujours «une incertitude», a déclaré le directeur scientifique de l’Observatoire de volcanologie de Goma (OVG), Kasereka Mahinda.

M. Mahinda s’exprimait sur les réseaux sociaux, après avoir pris part à un nouveau vol de reconnaissance de la mission de l’ONU en RDC (Monusco) sur les flancs du Nyiragongo, dont le sommet culmine à près de 3500 mètres, dominant la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, et les eaux du lac Kivu, près de la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda. «En raison du brouillard, nous n’avons pas eu la chance de voir l’intérieur du cratère», a expliqué M. Kasereka qui a cependant émis «deux hypothèses».

«S’il y a de la lave dans le cratère, les fracturations causées par les tremblements de terre seraient une nouvelle activité», a-t-il analysé. «Dans le cas contraire, s’il n’y a pas de lave dans le cratère, ces tremblements de terre se produisent puisque la terre est en train de reconstituer son équilibre». La ville de Goma était toujours secouée lundi par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des populations à peine revenues dans la cité.

(AFP)

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