Cinquante ans de droit de vote des femmes à Unterbäch (VS)
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Cinquante ans de droit de vote des femmes à Unterbäch (VS)

Le 3 mars 1957, il y a exactement 50 ans, la commune haut-valaisanne d'Unterbäch autorise les femmes à voter.

Contre l'avis des autorités, sous les quolibets des opposants, 33 courageuses ouvrent la voie au droit de vote des femmes.

L'acte, symbolique puisque les votes féminins n'ont pas été pris en considération, a été préparé par deux hommes: le président de la commune Paul Zenhäusern et Peter von Roten, préfet de Rarogne. Députés au Grand Conseil, les deux hommes ne seront pas réélus.

Les arguments du président ont convaincu son conseil municipal. Dans sa décision d'octroyer aux femmes le droit de s'exprimer, il précise que «la bienséance exige que nous, hommes, ne nous comportions pas comme des tuteurs tous puissants».

L'objet fédéral soumis à la votation concernait l'obligation d'un service civil pour les femmes. Unterbäch a estimé que les femmes devaient pouvoir donner leur avis sur un objet qui les concernait au premier chef.

Déclaré illégal

Berne et Sion n'ont pas suivi l'argumentation de la municipalité et ont déclaré l'acte illégal. La population est divisée sur la question. Sur place les femmes se rendant aux urnes sont houspillées par les opposantes et opposants, essentiellement PDC.

Pour garantir la validité du scrutin, la commune a fait voter les femmes dans une urne séparée qui a récolté 33 votes sur les 84 possibles. Si le résultat du vote de ces femmes est passé aux oubliettes de l'histoire, celle-ci retiendra que les hommes suisses ont rejeté l'objet à une majorité de 52 %.

L'acte rebelle a aussi provoqué un tourbillon médiatique. Même le «New York Times» s'y est intéressé. La Suisse était alors un des derniers pays d'Europe à refuser le droit de vote aux femmes. Elles l'obtiendront en 1971. Unterbäch ne perd pas une occasion de rappeler cet épisode devenu un véritable argument publicitaire.

(ats)

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