Session – Citoyenneté: une élue veut améliorer l’éducation des jeunes
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SessionCitoyenneté: une élue veut améliorer l’éducation des jeunes

La Verte vaudoise Valentine Python demande que le Conseil fédéral fournisse un rapport détaillé sur les moyens de promouvoir l’éducation citoyenne des jeunes Suisses, en particulier les apprentis.

par
Christine Talos
Bien souvent, les apprentis n’ont droit qu’à à peine trois périodes de quarante-cinq minutes consacrées à l’éducation à la citoyenneté, et cela sur les trois ans de leur formation.

Bien souvent, les apprentis n’ont droit qu’à à peine trois périodes de quarante-cinq minutes consacrées à l’éducation à la citoyenneté, et cela sur les trois ans de leur formation.

Dominik Pluess/Tamedia

Il faut améliorer l’éducation citoyenne des jeunes. C’est ce que souhaite la conseillère nationale Valentine Python (Verts/VD). Elle vient à cet effet de déposer un postulat pour demander que le Conseil fédéral fournisse un rapport détaillé sur les différents moyens de promouvoir l’éducation à la citoyenneté qui existent dans notre pays afin de pouvoir identifier les lacunes et améliorer la situation.

«En commission, nous avons reçu un rapport sur l’éducation à la citoyenneté et j’ai été frappée par son manque de profondeur et d’analyse. C’était juste une énumération des moyens existants», déplore l’élue. Des moyens souvent formidables, mais que les enseignants n’utilisent que sur une base volontaire, en raison de programmes déjà très chargés ou faute de plages horaires définies, déplore-t-elle.

Et de préciser dans son postulat qu’en apprentissage bien souvent les élèves n’ont droit qu’à peine trois périodes de quarante-cinq minutes, et cela sur les trois ans de leur formation.  «En outre, il y a des disparités très importantes en fonction des enseignants, des établissements ou encore de la politique des cantons. Il n’y a pas de vue d’ensemble et de stratégie», déplore Valentine Python. L’élue relève pourtant que l’éducation à la citoyenneté devient toujours plus importante, à l’heure où les ados s’informent principalement sur les réseaux sociaux et leur cortège de fake news.

Graves lacunes

Or les jeunes de 15-16 ans ont de graves lacunes, tant dans les écoles de culture générale, les écoles professionnelles, voire les filières de préparation à l’école pédagogique (qui forme les futurs enseignants du primaire). «Ils n’ont pas du tout acquis les connaissances de base qui leur permettraient d’utiliser par eux-mêmes et en toute indépendance des outils comme les sites Easyvote.ch ou engage.ch», relève l’élue, qui a beaucoup enseigné dans plusieurs cantons romands. «Ils ne distinguent souvent pas les partis politiques les uns des autres, les différentes valeurs qu’ils défendent ou encore le fonctionnement de base de nos institutions.»

Autre problème que soulève Valentine Python: les enseignants n’ont pas le temps d’organiser des jeux de rôle qui permettraient aux élèves d’appréhender des questions comme le respect de l’opinion d’autrui ou la capacité à exprimer sa propre opinion. «Or c’est fondamental aujourd’hui, avec les réseaux sociaux qui diffusent des positions toujours plus radicales.»

Menaces sur la maturité gymnasiale

Quant aux gymnases et maturités, si les élèves sont mieux formés à la citoyenneté, la situation risque de se détériorer. En effet, dans le projet Évolution de la maturité gymnasiale qu’est en train de mettre en place le Conseil fédéral, l’enseignement de l’histoire et de la géographie, qui sont pourtant des disciplines idéales pour fournir les connaissances globales pertinentes, va diminuer, déplore la Vaudoise.

Valentine Python espère désormais réunir une majorité au National pour faire passer son postulat, notamment grâce au centre droit. Mais elle le sait: le temps de traitement par les Chambres sera très long.

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