Lausanne: «Claude-Alain Voiblet nous a menti!»
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Lausanne«Claude-Alain Voiblet nous a menti!»

Secrétaire général de la section vaudoise de l'UDC, Kevin Grangier a dévoilé et expliqué jeudi matin tous les éléments qui ont amené à devoir exclure le président lausannois Claude-Alain Voiblet. Celui-ci se terre dans le silence.

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ats/20min.
Kevin Grangier présentait jeudi matin tous les éléments en sa possession ayant amené l'UDC vaudoise à prendre une sanction contre Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson.

Kevin Grangier présentait jeudi matin tous les éléments en sa possession ayant amené l'UDC vaudoise à prendre une sanction contre Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson.

Frédéric Nejad

Résumé des faits, e-mails, photographies, articles et courriers divers: l'UDC Vaud a longuement présenté, jeudi matin, les éléments qui l'ont amenée à prononcer l'exclusion de Claude-Alain Voiblet. Ces mêmes documents avaient été montrés la veille au président de l'UDC Suisse Toni Brunner. Lui-même a déclaré à la RTS que le comportement de Voiblet était «inacceptable».

Les documents, pour certains confidentiels, ont été soigneusement récupérés par le secrétaire général de l'UDC vaudoise, Kevin Grangier, à la fin du point presse. Ils illustrent les étapes d'une affaire «grotesque» au départ - coller ses propres affiches sur celles d'un collègue de parti - mais qui s'est envenimée au fil des mois.

«Eléments solides»

Pour l'UDC Vaud, il n'y a guère de doute: elle possède des «éléments solides» pour dire que Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson, présidents et vice-présidents des sections de la ville et du district de Lausanne, ont menti. Ils ont participé à ce collage d'affiches nocturne à la fin du mois de septembre 2015.

L'action évoque un règlement de comptes. En effet, les 12 à 20 affiches recouvertes n'étaient pas n'importe lesquelles: il s'agissait de celle des candidats au Conseil des Etats, Michaël Buffat et Fabienne Despot, l'ex-présidente qui s'est retrouvée l'été dernier au coeur d'une affaire d'enregistrement clandestin. De plus, rappelle Kevin Grangier, Claude-Alain Voiblet souhaitait être en lice pour le Conseil des Etats, mais ce sont Buffat et Despot qui avaient été finalement désignés.

Affiches de Despot et Buffat intactes

Il est faux de dire qu'elles ont été remplacées parce qu'elles étaient endommagées, assure Kevin Grangier. Il se fonde notamment sur le fait que, sur au moins six supports, le visuel collé de Voiblet était plus petit que l'affiche dessous de Despot et Buffat, dont le pourtour était intact. Or, pour parvenir à arracher une affiche collée de la SGA, il faut s'y prendre depuis les bords, estime Kevin Grangier. Ce n'était pas le cas là; il conclut donc que les placards de Despot et Buffat étaient en réalité en bon état quand Claude-Alain Voiblet et ses complices de la section lausannoise sont allés les recouvrir.

Pourquoi aller aussi loin que l'exclusion? La section cantonale attendait des explications, elle était prête «à passer l'éponge» en cas d'excuses: «On nous a répondu par l'ignorance ou la défiance. On ne veut plus permettre une certaine forme d'impunité dans ce parti. Il ne peut pas y avoir de justice à deux vitesses, l'une pour les élites, l'autre pour les simples membres», a ajouté Kevin Grangier. Il fallait donner «un signal à celles et ceux qui nuisent au parti». Il n'y avait «pas d'autre voie possible», a ajouté le secrétaire général qui précise que les statuts ne prévoient pas le blâme.

Changement de ton

Il reconnaît que «beaucoup ont sous-estimé la réaction de l'UDC Vaud. Beaucoup ont été surpris par le «changement de ton».

L'UDC Suisse avait reçu les documents avant même la décision d'exclusion. Mais mercredi, Kevin Grangier et le président Jacques Nicolet sont allés à Berne expliquer leur position à Toni Brunner. «Il est exaspéré par ces polémiques. Il souhaite qu'on puisse régler cette affaire de la meilleure manière possible», selon M. Grangier.

Changement d'attitude

Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson ont jusqu'au 10 avril pour recourir contre leur exclusion. Puis le congrès tranchera le 14 avril. Kevin Grangier laisse la porte ouverte à la discussion mais réclame un «changement d'attitude». «Pour un rétropédalage, il faudra quelque chose de significatif. Mais si la majorité du congrès dit ensuite que cela suffit, eh bien cela suffit».

Après les médias, les documents peuvent désormais aussi être consultés par les membres de la section de Lausanne. L'UDC Vaud a écrit mercredi à ses 390 membres en leur proposant des dates.

Malgré plusieurs tentatives, Claude-Alain Voiblet n'a pas répondu aux appels téléphoniques de «20 minutes».

La photo qui compromet la crédibilité de Claude-Alain Voiblet

Alors qu'il a d'abord assuré à ses collègues de l'UDC Vaud n'avoir jamais participé à des collages d'affiches sauvages, de nuit, sur celles de ses collègues de parti, l'automne passé durant la campagne électorale pour les élections fédérales, Claude-Alain Voiblet a ensuite admis lors d'un débat télévisé en février dernier y avoir participé. Cette photo (publiée puis fournie par le site «Les bien bonnes histoires de la politique suisse») prise par un passant sur le pont Bessières à Lausanne à l'époque des faits montre deux individus en pleine action. Celui à gauche semble être Claude-Alain Voiblet, qui a refusé de commenter cette image, sans pour autant réfuter qu'il s'agit bien de lui...

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