Saison de ski: Clientèle internationale en baisse
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Saison de skiClientèle internationale en baisse

Les conditions météorologiques difficiles à Noël et en janvier, ainsi que la crise économique ont pesé sur la fréquentation des stations de ski.

Le chiffre d'0affaires n'a pas suivi cet hiver, à Villars

Le chiffre d'0affaires n'a pas suivi cet hiver, à Villars

Les stations de montagne tirent un bilan mitigé de la saison d'hiver. Si les clients de la zone euro ont été moins nombreux, leur absence a toutefois été compensée par une hausse de la clientèle suisse, notent les responsables du tourisme.

Pour Pierre Besson, directeur de Télé Villars Gryon (VD), l'hiver a été frustrant: «Nous avons eu un super manteau neigeux, mais le chiffre d'affaires n'a pas suivi», a-t-il confié à l'ats.

Principale raison: des conditions météorologiques difficile durant les vacances de Noël et les week-ends de janvier. Le franc fort a aussi joué un rôle, même s'il ne faut pas le surestimer, dit- il. «Mes collègues en France, en Italie et en Autriche sont aussi en perte de vitesse. La crise économique a eu une forte influence».

Au final, le directeur de Télé Villars Gryon parle d'un hiver «moyen, mais meilleur que le précédent». Les vacances de février ont même constitué «un grand cru», apprécie-t-il.

La saison de ski est qualifié de «bonne» aux Mosses et «correcte» à Leysin. La location des chalets était «assez forte» durant les vacances scolaires, «calme en dehors», a expliqué Pierre-Alain Morard, directeur de l'Office du tourisme de Leysin. Il est «clair» que les touristes de la zone euro étaient moins nombreux, «mais la hausse de la clientèle suisse a compensé l'absence des Européens», a ajouté le responsable.

Recul en Valais

En Valais, qui comptabilise une baisse de 3,2% de nuitées par rapport à 2010-2011 et un recul de 6,4% des clients étrangers, le directeur de Valais Tourisme Urs Zenhäusern résume: certains types d'établissement et certaines stations ont mieux travaillé que d'autres.

Il donne pour exemple Grächen, à mi-chemin entre la vallée du Rhône et Zermatt. La station, qui a lancé une action de change fixe de l'euro à 1,35 franc, annonce de meilleurs résultats que l'an dernier.

Cependant, nombre de stations qui proposaient des offres plus ou moins alléchantes (remontées mécaniques gratuites à partir d'un certain nombre de nuits etc...) n'ont pas réussi leur saison, précise M. Zenhäusern. Les établissements de luxe s'en sortent mieux, «mais là encore ce n'est pas un axiome».

Conséquence de ces résultats mitigés, les remontées mécaniques annoncent elles aussi une saison en baisse par rapport à la précédente. Pour Vincent Riesen, secrétaire des Remontées mécaniques valaisannes (RMV), le cours du franc a joué un rôle primordial dans cette morosité.

Similaire en Suisse alémanique

En Suisse alémanique, mêmes paramètres: moins de touristes étrangers, plus de Suisses, saison mitigée mais mois de février réjouissant. Aux Grisons par exemple, le recul des nuitées est chiffré entre 5% et 6%. Andreas Züllig, président de la section cantonale d'Hotelleriesuisse, estime cependant que «ça aurait pu être pire. Dans les stations où les Suisses nous sont restés fidèles, le recul des nuitées est moindre.»

Pour M. Züllig, il est clair que le franc fort a dissuadé nombre d'Allemands, de Néerlandais, d'Italiens et de Britanniques de venir en Suisse cet hiver.

Forte baisse à Engelberg

Engelberg, à Obwald, estime une baisse des nuitées située entre 8% et 12%, selon Frédéric Füssenich, directeur d'Engelberg-Titlis Tourisme. Mais le responsable se réjouit lui aussi d'avoir noté en février une augmentation de 16,2% de la fréquentation.

Dans l'Oberland bernois, la région de Saanen a observé une désaffection de ses clients habituels français, allemands britanniques et du Bénélux.

Exception st-galloise

Le canton de Saint-Gall constitue l'exception. Les remontées mécaniques ont qualifié la saison de bonne dans le Toggenburg, les Flumserbergen et au Pizol, où un record de fréquentation a même été enregistré.

Dans les stations saint-galloises, les bonnes conditions d'enneigement ont attiré de nombreux Suisses, mais aussi un nombre croissant de Russes, Italiens, Britanniques et Néerlandais. Le mois de février a été, là aussi de très bonne facture, avec une proportion de nuitées supérieure de 16,2% par rapport à février 2011.

(ats)

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