05.04.2020 à 17:45

Transport aérien

Clients pris en otage par les compagnies aériennes

Question de survie, l'industrie espère obtenir un délai de grâce pour ne rembourser les billets qu'à fin 2021.

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Les centres d'appel des compagnies aériennes sont toujours saturés, des semaines après les annulations de vols. Selon l'Association internationale du transport aérien (Iata), le montant total des billets touchés par la crise sanitaire représenterait quelque 35 milliards de dollars, dont 10 milliards en Europe. Au bord de la faillite, les compagnies aériennes font tout pour que leurs créanciers renoncent au cash. «En principe, nous essayons de satisfaire les clients avec des bons aussi souvent que possible et de ne pas permettre des remboursements immédiats», a déclaré Ulrich Svensson, directeur financier du groupe Lufthansa.

«Vous pouvez proposer de préférence un bon aux passagers, mais vous ne pouvez pas les forcer à l'accepter», a mis en garde Adina Valean, commissaire européenne aux transports. Citée par la «NZZ am Sonntag», elle s'est gardée de préciser le délai. Les compagnies aimeraient pouvoir procéder au remboursement seulement à l'échéance de bons valables jusqu'à fin 2021, alors qu'il est exigible ordinairement les jours suivant l'annulation d'un vol. «Si nous n'obtenons pas cela, un certain nombre de compagnies ne survivra pas», a prévenu la porte-parole de l'association européenne des compagnies aériennes A4E, ajoutant que «cela mettrait les passagers concernés dans une situation bien pire». En moyenne, les compagnies aériennes ont des réserves de liquidités pour environ deux mois, celui de mai s'annonçant critique. Le remboursement des billets aurait pour effet d'annuler en partie les aides gouvernementales attendues pour leur survie.

Soutien de 1 milliard espéré en Suisse

Un groupe de travail s'est constitué pour le soutien à apporter au secteur aérien avec les conseillers fédéraux Ueli Maurer, Guy Parmelin et Simonetta Sommaruga. Officiellement, il n'y a aucune information à ce sujet, explique la «NZZ am Sonntag», mais les compagnies aériennes Swiss et Easyjet, les aéroports et Swissport y participeraient avec une clause de confidentialité. Selon des experts de l'industrie, un paquet de 1 milliard de francs pourrait être débloqué. On devrait en apprendre davantage ces prochains jours.

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