Actualisé 08.01.2020 à 21:49

Procès à Renens (VD)

Climat: sur Twitter, chaude journée pour Roger

Le tennisman a été pris pour cible sur les réseaux sociaux par les militants jugés pour avoir mené une action de protestation dans une succursale de Credit Suisse.

de
Yannick Weber

Les activistes du climat sont passés à l'offensive lors du deuxième jour de leur procès à Renens (VD). Après leur action dans une succursale de Credit Suisse en novembre 2018, la banque avait porté plainte. Et comme elle s'est bien gardée de venir défendre sa cause au tribunal, les accusés ont décidé «de faire en sorte qu'elle nous entende quand même». La stratégie bien rodée a été coordonnée avec des ingrédients simples: les réseaux sociaux... et Roger Federer, ambassadeur de Credit Suisse.

Dès mercredi matin et à travers le hashtag #RogerWakeUpNow, les internautes ont interpellé le champion sur son partenariat avec la banque, accusée par les militants d'investir massivement dans les énergies fossiles, nocives à l'environnement. «En 2017, Credit Suisse a financé l'émission de 82.6 millions de tonnes de gaz à effet de serre, plus que les émissions de toute la Suisse! Roger Federer, tu cautionnes ça?», a par exemple écrit le professeur à l'Unil Dominique Bourg.

L'objectif de se faire entendre a été atteint et les publications avec le hashtag ont été légion tout au long de la journée. Plusieurs associations, partis et personnalités politiques suisses et étrangers l'ont utilisé. «Il est grand temps de smasher les investissements dans les énergies fossiles», a illustré le président des Verts vaudois Alberto Mocchi avec une photo de la star en action. Même Greta Thunberg a retweeté pour ses quatre millions d'abonnés des messages interpellant Roger Federer, lui demandant de se désolidariser publiquement de la politique de la banque.

Roger Federer, qui ne s'est encore jamais exprimé sur cette affaire, n'a pas pu être joint mercredi. Credit Suisse a par contre saisi l'opportunité de faire une petite déclaration. «Credit Suisse reconnaît sa part de responsabilité dans la lutte contre les défis du changement climatique et a récemment lancé une stratégie qui comprend notamment la décision de ne plus fournir aucune forme de financement spécifiquement liée au développement de nouvelles centrales au charbon», dit un de ses porte-parole.

Mais lundi, ce n'est ni la banque ni le champion de tennis mais bel et bien les douze militants sur le banc des accusés qui risquent de voir leur condamnation pénale confirmée par le Tribunal. Pour violation de domicile et infraction à la loi sur les contraventions, ils ont écopé chacun de 30 jours-amende à 30 francs avec sursis et d'amendes dont le total, avec les frais de justice, se monte à 21'600 francs. Des peines auxquelles ils avaient fait opposition.

Des militants, mardi à l'ouverture du procès:

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!