ONU: Clinton parle d'Aqmi de manière ambigüe

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ONUClinton parle d'Aqmi de manière ambigüe

La secrétaire d'Etat américaine a évoqué mercredi de manière étrange un lien entre al-Qaida au Maghreb islamique et l'attaque du 11 septembre contre le consulat américain de Benghazi. Son département tempère ses propos.

Au deuxième jour de l'Assemblée générale de l'ONU, Mme Clinton s'exprimait dans une réunion consacrée au Sahel et à la crise au Mali, dont le nord est aux mains d'islamistes.

«Aqmi et d'autres groupes mènent depuis un certain temps des attaques et des rapts depuis le nord du Mali dans les pays voisins (...) Profitant d'une plus grande liberté de mouvement, des terroristes cherchent à élargir leurs réseaux dans de multiples directions», a expliqué la secrétaire d'Etat. «Et ils coopèrent avec d'autres violents extrémistes pour saper les transitions démocratiques en Afrique du Nord, comme nous l'avons vu de manière tragique à Benghazi», a-t-elle poursuivi.

Les Etats-Unis sont sous le choc de l'attaque contre leur consulat à Benghazi qui a coûté la vie à leur ambassadeur en Libye, Christopher Stevens, et à trois autres agents américains. Après dix jours de déclarations divergentes, la Maison-Blanche et Mme Clinton avaient reconnu la semaine dernière que le consulat de Benghazi avait subi une «attaque terroriste». Le porte-parole du président Barack Obama l'a répété mercredi.

Le Département d'Etat tempère

Le patron de la lutte antiterroriste, Matthew Olsen, avait le premier reconnu le 19 septembre que ses compatriotes «avaient été tués au cours d'une attaque terroriste». Il avait prudemment parlé de «connexions» possibles entre «des individus impliqués dans l'attaque et al-Qaida au Maghreb islamique».

Interrogé sur les déclarations équivoques de Mme Clinton, un responsable du Département d'Etat a nié qu'elle ait voulu établir un lien direct entre Benghazi et Aqmi.

«Ne voyez pas plus loin que ce que la secrétaire d'Etat a effectivement dit, a déclaré ce diplomate. Elle a dit en fait qu'Aqmi travaillait avec d'autres extrémistes violents pour mettre à mal les transitions démocratiques en Afrique. C'est quelque chose que nous savons et que nous observons.» Le FBI mène une enquête et le Département d'Etat a demandé d'en attendre les conclusions avant de «se pencher sur la question des responsables de l'attaque». (afp)

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