Actualisé 18.06.2018 à 14:30

Bâle-CampagneClub sportif pris d'assaut: procès gigantesque en vue

Des hommes encagoulés avaient fait irruption dans un centre sportif situé à Reinach (BL), en février 2014, afin de défier son propriétaire. Dix-sept accusés seront jugés dès ce lundi à Muttenz (BL).

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las/ofu
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Paulo Balicha est le principal accusé comparaissant lundi (18 juin 2018) devant le Tribunal pénal de Bâle-Campagne. En février 2014, il s'était battu contre Shemsi Beqiri après qu'un groupe d'hommes encagoulés avait pris d'assaut le centre sportif de Beqiri.

Paulo Balicha est le principal accusé comparaissant lundi (18 juin 2018) devant le Tribunal pénal de Bâle-Campagne. En février 2014, il s'était battu contre Shemsi Beqiri après qu'un groupe d'hommes encagoulés avait pris d'assaut le centre sportif de Beqiri.

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Balicha assure que tout ce qu'il voulait c'était un combat fair-play. Il précise ne pas avoir planifié l'attaque.

Balicha assure que tout ce qu'il voulait c'était un combat fair-play. Il précise ne pas avoir planifié l'attaque.

Voici des images du combat en question, publiées à l'époque par la «Basler Zeitung».

Voici des images du combat en question, publiées à l'époque par la «Basler Zeitung».

Capture d'écran

Plus de quatre ans après les faits, dix-sept hommes comparaissent dès ce lundi devant le Tribunal pénal de Bâle-Campagne (BL). Le 24 février 2014, Paulo Balicha, ancien champion de boxe thaïe et principal accusé dans cette affaire, s'était rendu au club Superpro de Reinach (BL). Lui, ainsi que ses 16 complices présumés, avaient pris d'assaut le centre sportif géré par Shemsi Beqiri. Une fois les personnes présentes menacées et intimidées avec des matraques, des couteaux et un pistolet afin qu'elles restent tranquilles, Paulo Balicha avait défié Beqiri. Les deux hommes s'étaient ensuite battus pendant sept minutes, de manière particulièrement brutale, jusqu'à ce que Balicha déclare forfait. La scène avait été filmée par un des complices encagoulés, puis publiée par Telebasel.

Le procès, qui devrait durer 28 jours au total, doit désormais permettre de découvrir les circonstances exactes dans lesquelles cette attaque s'est produite. Selon «bz Basel», il s'agirait de la «procédure pénale la plus laborieuse que le canton ait jamais connue».

20 plaintes privées

Initialement, le Ministère public avait prévu de déposer l'acte d'accusation en automne 2016 déjà. Or l'enquête s'est révélée bien plus complexe que prévu. Plus de 100 interrogatoires ont dû être menés, auxquels environ 20 personnes ont participé chaque fois. A cela s'ajoutent 20 plaintes privées tout comme une demande d'entraide judiciaire provenant des Etats-Unis. Rien que le traitement de cette dernière avait duré près de deux ans.

Dans une interview accordée en juillet 2014 à nos confrères de «20 Minuten», Paulo Balicha avait assuré que tout ce qu'il voulait, c'était un combat fair-play. Il avait par ailleurs précisé ne pas avoir planifié la prise d'assaut du club. Cependant, l'ancien champion de boxe thaïe n'avait pas su expliquer pourquoi il était accompagné d'un groupe d'hommes encagoulés.

«Des techniques interdites»

Selon le Ministère public, Paulo Balicha se serait administré le stimulant methcathinone peu avant le combat. Et contrairement à ce qu'il a expliqué à nos confrères alémaniques, il ne se serait pas comporté de manière correcte lors de l'affrontement. L'association internationale de karaté et de kickboxing (ISKA) a visionné les images du combat, plus précisément les coups portés par l'accusé principal. Il en ressort ainsi que Balicha a non seulement frappé Beqiri à plusieurs reprises à la gorge avec son coude. Il a également attaqué ses yeux et a tenté de l'étrangler. «Des techniques qui sont interdites dans tous les sports de combat», résume le Ministère public.

Au moment de la prise d'assaut, 31 personnes (les agresseurs non compris) se trouvaient dans le centre sportif. Vingt d'entre elles étaient mineures au moment des faits. Plusieurs victimes ont subi des troubles post-traumatiques, des troubles du sommeil, des attaques de panique ainsi que des épisodes dépressifs. Le procès devra donc également déterminer à hauteur de quelles sommes ces victimes devront être dédommagées. Rien que Beqiri à lui seul demande 50'000 francs.

En cas de condamnation, Balicha risque une peine de prison allant jusqu'à 3 ans.

Le même club où s'entraînait Carlos*

Carlos*, le jeune multirécidiviste qui a défrayé la chronique à de maintes reprises à cause de son encadrement coûteux, s'entraînait autrefois dans le club sportif géré par Beqiri. Mais le centre Superpro est non seulement connu pour la controverse autour de Carlos*. En 2012, Beqiri avait déjà été menacé de mort par un autre adepte des arts martiaux. Interrogée à ce sujet en 2014, la police avait refusé de faire un lien avec l'affaire jugée dès ce lundi et celle de Carlos*.

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