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Canton de VaudColère des restos qui «crèvent dans l’indifférence»

Les membres du collectif vaudois #quivapayerladdition n’en peuvent plus après les récentes annonces du Conseil fédéral. Ils exigent du Canton des dédommagements.

Est-ce que cela vaut le coup d’ouvrir si on ne peut pas travailler le soir, se demandent les restaurateurs (archives).

Est-ce que cela vaut le coup d’ouvrir si on ne peut pas travailler le soir, se demandent les restaurateurs (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Les restaurateurs vaudois du collectif #quivapayerladdition oscillent entre colère, désespoir et lassitude, après les récentes annonces du Conseil fédéral. Ils ont hésité à venir manifester jeudi à Berne. Ils préfèrent finalement «faire leur métier» et rouvrir comme prévu le 10 décembre. Mais ils exigent du Canton des dédommagements.

«Des restaurateurs sont en colère. D’autres en ont marre. On est malmenés au gré des interventions des uns et des autres. Des gens sont en rupture mentale. J’ai peur: je connais quelques cas où c’est le désespoir, des années de travail englouties», a confié mercredi Frédérique Beauvois, cofondatrice du collectif, à Keystone-ATS.

Mardi soir, le Conseil fédéral a annoncé qu’il envisage de fermer tous les restaurants dès 19 h 00, plus le dimanche. Cette mesure, parmi d’autres, est en consultation auprès des Cantons jusqu’à vendredi. Elle constitue un coup de massue pour les restaurateurs qui se verraient privés du service du soir avant les Fêtes. D’autant plus que ces restaurants, actuellement fermés, peuvent rouvrir jeudi.

Une baffe

«On s’est pris une baffe», reconnaît Mme Beauvois. S’agit-il d’un «coup de poker» du Conseil fédéral pour que les Cantons alémaniques prennent des mesures plus strictes? À midi, avec les gens en télétravail, la clientèle se fait rare. «Si on n’a plus les soirs, on ne sait pas si cela vaut vraiment le coup d’ouvrir», dit-elle.

«Au milieu de ce grand jeu politique, il y a nous, les restaurateurs, qui crevons dans l’indifférence», écrit le collectif dans un tract qui sera remis aux députés vaudois. La branche en appelle au Conseil d’État vaudois: si les aides n’interviennent pas avant la fin de l’année, c’est tout un secteur économique qui sera détruit.

«On nous ferme en moins de vingt-quatre heures, mais en neuf mois on n’arrive pas à nous dédommager», s’indigne Frédérique Beauvois. «Nous ne voulons pas intervenir dans la gestion de la crise, nous ne sommes pas des épidémiologistes. Mais si on nous ferme, on doit obtenir un dédommagement», insiste la restauratrice qui rappelle que le Canton enregistre «des excédents budgétaires depuis quinze ans».

GastroVaud fâché

Sur les ondes de la RTS, Gilles Meystre, président de GastroVaud, s’est dit «fâché» et «ulcéré». Il déplore que l’on change les règles en permanence. Les restaurateurs se sont préparés à la réouverture, en passant leurs commandes, en remplissant leurs réfrigérateurs et en accueillant des premières réservations. «Et puis paf!, deux jours avant la réouverture, on leur dit qu’à partir de vendredi, il se peut qu’ils ne puissent pas servir le soir. C’est juste un irrespect total de la branche et des Romands», a-t-il relevé.

Il demande au Conseil fédéral de revoir sa position. «Laissez-nous rouvrir sous conditions. Nous appliquons des règles sanitaires drastiques. Contrôlez-nous, mais laissez-nous prendre nos responsabilités, et que la Suisse alémanique en fasse autant!".

Pétition en ligne

L’indignation était aussi perceptible dans une pétition en ligne lancée mardi soir par un particulier contre la fermeture des restaurants à 19h00, une «pure aberration». Ce texte a rapidement reçu un soutien massif. Elle totalisait plus de 70'000 signatures mercredi vers 17h00. Elle devrait être adressée jeudi au Conseil fédéral.


(ATS/NXP)

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605 commentaires
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Absurde detestable

10.12.2020 à 15:15

L absurde tue l absurde 🤣🤣🤣🤣

Marc et sophie

10.12.2020 à 12:51

Vous avez voulu mettre la gestion de la pandémie aux canton et ne pas suivre les recommandations et règles sanitaires, vous vous êtes gaussé des personnes qui mettaient des masques et de la menace d'un 2ième vague, et bien vous êtes servi! il fallait écouter M.Berset et Mme Sommaruga, restez chez soi et ne pas partir en vacances n'importe où. Franchement, la fermeture de quelques troquet n'est pas un drame et la culture ne vit de toute manière que par des subventions, c'est pas pour rien que l'on les appelle les "intermittents du spectacle" , ils travaillaient déjà pas avant.

Max Muller

10.12.2020 à 10:44

Plus de blabla. Vaud ne doit simplement pas se soumettre aux directives de Berne. Berne peut faire quoi? Envoyer une armée? Non, Berne ne ferra que des blablabla aussi, donc quelques semaines de blabla et tout serra passé.