Opel: Colère et inquiétude en Allemagne après le volte-face de GM
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OpelColère et inquiétude en Allemagne après le volte-face de GM

Le volte-face de l'américain General Motors, qui a décidé de garder Opel dans son giron, alarmait mercredi les salariés allemands et provoquait la colère des responsables politiques qui avaient soutenu un rachat par le canadien Magna.

«La prochaine étape pour General Motors sera de faire chanter les gouvernements et les salariés européens pour financer leur plan de restructuration qui n'est pas viable», a réagi mercredi le président du comité d'entreprise d'Opel, Klaus Franz. «Les représentants des salariés ne vont pas laisser faire cela et vont se rapprocher des gouvernements», a-t-il prévenu.

Les syndicats s'inquiètent du sort des quelque 50'000 salariés européens de General Motors, dont la moitié en Allemagne, et des quatre usines allemandes. GM n'a pas encore dévoilé ses intentions, mais évalué à 3 milliards d'euros le coût de la restructuration qu'il envisage.

Les syndicats ont prévu des rassemblements jeudi sur les sites allemands, et une mobilisation européenne à partir de vendredi.

Le puissant syndicat IG Metall, qui avait conclu mardi un accord portant sur des concessions salariales en vue d'un rachat par l'équipementier Magna, les a jugées mercredi caduques.

Le président du syndicat, Berthold Huber, a estimé «difficile d'imaginer que GM puisse trouver la voie d'une solution durable», après, selon lui, «des années d'erreurs de gestion de GM qui ont mis Opel dans une situation difficile».

Monde politique remonté

De leur côté, les responsables politiques allemands - gouvernement fédéral et Länder - ont réagi avec colère.

«Le comportement de General Motors est absolument inacceptable», en particulier «vis-à-vis des salariés à huit semaines de Noël», a jugé le ministre fédéral de l'Economie Rainer Brüderle. Le gouvernement allemand veut désormais récupérer un crédit de 1,5 milliard d'euros accordé à GM pour maintenir Opel à flot.

«Ce comportement de General Motors montre le visage haïssable du capitalisme moderne», s'est emporté Jürgen Rüttgers, chef du gouvernement conservateur (CDU) du Land de Rhénanie-du-Nord/ Westphalie où se trouve l'usine de Bochum.

Hors des frontières allemandes, les gouvernement britanniques, où GM Europe produit sous la marque Vauxhall, et celui de la région belge de Flandre étaient beaucoup plus mesurés. Ils n'ont pas exclu de participer financièrement au plan de restructuration d'Opel version General Motors.

Le plan de restructuration prévu jusqu'ici «n'était pas bon pour Anvers», a souligné le chef du gouvernement flamand, Kris Peeters.

Berlin était soupçonné par d'autres capitales européennes d'avoir désigné Magna comme repreneur car il aurait été plus favorable pour les sites allemands.

Le vice-premier ministre Russe Alexander Zhukov ne s'est pas non plus ému du coup de théâtre de GM. «Nous avons tant de problèmes avec notre propre industrie automobile que notre priorité principale est de la soutenir», a-t-il commenté.

Volte-face

Des fermetures d'usines, notamment à Bochum (4800 salariés), Kaiserslautern (3300 salariés), et Eisenach (1650 salariés) sont «imaginables», ainsi qu'à Anvers, en Belgique, et à Ellesmere Port (Royaume-Uni), estime Ferdinand Dudenhöffer, spécialiste de l'automobile à l'université de Duisbourg.

Arguant d'un environnement des affaires en Europe «amélioré», d'une meilleure «santé financière» et de «l'importance d'Opel/ Vauxhall» pour sa stratégie internationale, General Motors avait expliqué dans la nuit avoir finalement décidé de conserver Opel après des mois de négociations avec l'équipementier canadien Magna, associé au russe Sberbank.

(ats)

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