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Collégien mort en France: la faute au «stress émotionnel»

Un «stress émotionnel» est à l'origine de l'arrêt cardiaque qui a provoqué la mort de Karl, cet élève du collège Albert-Camus de Meaux décédé jeudi dans une altercation.

C'est ce qu'a indiqué vendredi René Pech, procureur de la République. Cet enfant de 12 ans avait en outre une malformation cardiaque qui n'avait pas été détectée.

Selon le magistrat, l'adolescent avait une artère coronarienne «large comme un cheveu».

D'après le parquet, une bagarre est intervenue jeudi vers 12h25 alors qu'une trentaine d'enfants appartenant à deux classes de 6e venaient de terminer des matches de handball. Ces élèves s'apprêtaient à ranger du matériel quand une altercation a opposé Karl à un garçon et une fille âgés de 11 ans. «Une bagarre a éclaté comme cela arrive dans n'importe quelle cours d'école», a précisé René Pech.

Le garçon et la fille ont alors porté des coups à Karl, dont le père est employé au collège. Déséquilibré, le garçon est tombé sur le sol et a reçu «un ou deux» coups de pied donnés par ses agresseurs.

«L'autopsie n'a pas révélé de traces de coups», a indiqué le procureur. «Ils ne sont pas à l'origine de sa mort. Ce n'est pas une agression sauvage».

Une information judiciaire pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» a été ouverte vendredi à l'encontre de ces deux enfants, placés en retenue judiciaire, qui n'avaient jamais été signalés comme violents. «Karl était un bon élève», a précisé le magistrat. «Il n'y avait rien de particulier à signaler à son encontre».

L'enquête menée par la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles et par la brigade des mineurs de Meaux n'a pas permis de déterminer le motif exact de la bagarre. Selon le parquet, il n'y avait pas de contentieux entre les trois acteurs du drame. Une vingtaine d'enfants ont ainsi été entendus par les policiers. «Il y a périodiquement des tensions et des incidents dans ce collège mais les deux classes de 6e étaient calmes», a ajouté René Pech.

Selon lui, les deux enfants qui devraient être mis en examen sont très traumatisés. Des menaces verbales leur ayant été faites, ils devraient être placés dans un foyer éloigné de Meaux. «Cela leur aussi donnera le temps de prendre conscience de leur responsabilité», a précisé le procureur. En raison de leur jeune âge, ces mineurs sont passibles de simples mesures éducatives.

Le décès de Karl a entraîné une polémique, les enseignants du collège ayant indiqué qu'ils avaient déjà fait état de problèmes dans l'établissement. Anne Hivernet, secrétaire départementale du SNEP-FSU, a par ailleurs dénoncé des «effets d'annonce» en matière d'encadrement qui «n'ont pas été suivis d'effet puisque 14 assistants d'éducation étaient promis à la rentrée. Quatre seulement sont là (...) Un drame comme celui-là montre qu'un encadrement de qualité aurait peut-être permis de pouvoir éviter ce drame».

«Il ne faut pas faire d'amalgame par rapport à la question des moyens», a répondu Jean-François Copé, maire de Meaux et porte-parole du gouvernement, avant d'ajouter qu'il n'était «pas certain qu'il y ait un lien entre ce qui s'est passé (jeudi) et le problème plus général des moyens». Il a réclamé une «réflexion (...) sur la violence». (ap)

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