Colombie: Alvaro Uribe réélu dès le premier tour

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Colombie: Alvaro Uribe réélu dès le premier tour

Le chef de l'Etat colombien a remporté une large victoire à l'élection présidentielle avec 62% des voix.

Dès l'annonce de sa réélection, Alvaro Uribe a promis dans un long discours d'assurer la «sécurité démocratique» contre le terrorisme. «La sécurité démocratique a commencé à récupérer les libertés que nous avait arrachées le terrorisme», a-t-il lancé devant des centaines de ses partisans réunis dans un grand hôtel de Bogota.

Ceux-ci ont manifesté leur joie aux cris de «Uribe, Uribe, Vive la Colombie». Des voitures sillonnaient les quartiers bourgeois du nord de la capitale colombienne pour fêter la victoire à grand renfort d'avertisseurs.

La gauche concède sa défaite

M. Uribe, un avocat de 53 ans, élu une première fois en 2002, a remporté sa nouvelle victoire en prônant une politique de fermeté contre les guérillas ainsi que le renforcement de la sécurité dans un pays ravagé par plus de 40 ans de guerre civile. Il est le premier président colombien depuis un siècle à être réélu pour un second mandat.

Son score est le plus important jamais réalisé par un président colombien avec 7,1 millions d'électeurs. La gauche colombienne dont le candidat Carlos Gaviria est crédité de 22 % des voix, a elle aussi réalisé le meilleur score de son histoire, avec 2,6 millions de suffrages.

M. Gaviria a très rapidement admis sa défaite. «Il existe beaucoup d'interrogations, beaucoup de préoccupations dans certains secteurs, mais ce qui est prioritaire en ce moment c'est le triomphe du président Uribe», a-t-il dit, annonçant qu'il allait dorénavant réserver ses efforts à renforcer l'opposition.

Le candidat du Parti libéral (opposition) Horacio Serpa a pour sa part obtenu 11,99 % des suffrages. Le taux d'abstention, très fort, a été de 56 %, soit trois points de plus qu'en 2002.

Soulagement pour Washington

La réélection de M. Uribe devrait constituer un soulagement pour Washington, après une série de victoires électorales de candidats de gauche en Amérique latine et la campagne menée par le président vénézuélien Hugo Chavez contre le concept américain de libre échange.

«La seule chose qui m'inquiète quelque peu, c'est qu'Uribe a fait beaucoup pour les riches et moins pour les pauvres. Mais en ce qui concerne la sécurité, il nous a beaucoup aidés», confiait Gloria Ospina, une mère de famille, après avoir voté pour Uribe dans un quartier du nord de Bogota.

Le scrutin a été le plus paisible depuis des années, dans un pays où les violences font chaque année des milliers de morts. L'armée avait renforcé ses patrouilles, mais aucune attaque importante de la guérilla n'a été signalée.

L'armée n'a signalé que quelques incidents. Quatre guérilléros ont été tués par des explosifs qu'ils préparaient dans la province d'Arauca et un cinquième a été victime d'un incident similaire près de Cali.

Négociations avec les guérillas

Contrairement aux précédents scrutins, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient invité la population à voter pour tout autre candidat que le président sortant, calculant apparemment qu'une campagne de violences le jour du vote profiterait à M. Uribe.

M. Uribe a dit qu'il lui fallait quatre ans de plus pour achever sa tâche. Il a offert des discussions de paix aux FARC, à condition qu'ils déposent préalablement leurs armes. Les rebelles de l'Armée de libération nationale (ELN), l'autre mouvement de la guérilla, ont engagé des négociations préliminaires de paix avec le gouvernement. (ats)

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