Actualisé 29.10.2017 à 08:12

IsraëlColonies: un projet de loi décrié reporté

Le vote sur la «loi sur le Grand Jérusalem», prévu dimanche, a été reporté. Ses opposants estiment qu'elle relève de l'annexion.

Benjamin Netanyahu devant le Parlement israélien. (23 octobre 2017)

Benjamin Netanyahu devant le Parlement israélien. (23 octobre 2017)

Keystone

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé de reporter un vote sur un projet de loi controversé qui, selon ses critiques, équivaudrait à une annexion de facto des colonies israéliennes autour de Jérusalem, a déclaré samedi un responsable.

Le projet de loi, intitulé «loi sur le Grand Jérusalem», devait être voté dimanche par un comité ministériel dans le but d'accélérer son examen à la Knesset (parlement).

Le responsable israélien a déclaré sous le couvert d'anonymat que le projet de loi avait besoin d'une «préparation diplomatique», sans donner davantage de détails. Il s'agit d'une allusion à la volonté de M. Netanyahu de d'abord discuter du projet de loi avec la Maison Blanche, qui cherche à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens au point mort.

«La loi a également besoin d'une préparation diplomatique et sera donc reportée pour le moment», a déclaré le responsable.

La loi incorporerait à la municipalité israélienne de Jérusalem des colonies se trouvant au sud et à l'est de la ville, en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 50 ans. Les colonies autour de Jérusalem, dont certaines visées par la «loi sur le Grand Jérusalem» comme Maale Adoumim ou Goush Etzion, coupent Jérusalem-Est de la Cisjordanie et compromettent la construction d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

Motif d'alarme

Une telle césure est un motif d'alarme permanent pour les Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Israël a annexé Jérusalem-Est et proclamé tout Jérusalem sa capitale indivisible.

Le projet de loi ainsi que les récents agissements israéliens «représentent la fin de la solution à deux Etats», c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël, a estimé Hanane Achraoui, une dirigeante de l'organisation de libération de la Palestine. Cette solution, référence de la communauté internationale pour résoudre le conflit, paraît de plus en plus compromise, a fortiori avec le refus du président américain Donald Trump de s'engager en sa faveur.

M. Netanyahu fait face à la surenchère du lobby de la colonisation et de membres de son propre gouvernement non seulement hostiles à la «solution à deux Etats» mais favorables à l'annexion de parties de la Cisjordanie. «Si elle est adoptée, cette loi constituera une annexion de fait et un pas résolu vers une annexion de droit», a estimé l'organisation israélienne anti-colonisation La Paix maintenant. L'idée est d'accélérer la construction dans les colonies et de «créer sur le terrain des faits accomplis ruinant les chances d'une solution à deux Etats», a-t-elle estimé. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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