Proche-Orient: Combats acharnés à Gaza-Ville, intenses efforts diplomatiques

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Proche-OrientCombats acharnés à Gaza-Ville, intenses efforts diplomatiques

Des chars israéliens ont pénétré jeudi pour la première fois au coeur d'un quartier de Gaza-ville où ils se sont heurtés à des combattants palestiniens.

Sur le plan diplomatique, les efforts se poursuivent pour arracher un cessez-le-feu.

Appuyés par l'aviation, les blindés israéliens ont avancé sur plusieurs centaines de mètres dans Tal Al-Hawa, un quartier périphérique dans le sud-ouest de Gaza-ville, ont indiqué des témoins.

Les forces israéliennes ont affronté des combattants palestiniens tirant au mortier et à la roquette anti-char. Les blindés tiraient des obus, y compris en direction d'immeubles résidentiels, alors que l'aviation menait des raids, selon les témoins.

Une colonne de chars a pris position dans un parc public du centre du quartier. Des centaines de familles palestiniennes fuyaient vers des zones plus proches du centre.

Complexe de l'ONU touché

Le complexe de l'agence de l'ONU pour les réfugiés (UNRWA) à Gaza a été touché «par des éclats» lors des combats, selon une porte-parole de l'ONU. Dans un autre quartier de Gaza, Rimal, un raid a visé un bureau dans un immeuble qui abrite aussi des médias, dont la télévision Al-Arabiya et une agence internationale.

Des habitants ont affirmé que les bombardements de la nuit étaient les plus violents depuis le début de l'offensive israélienne entrée jeudi dans son 20e jour. L'armée a affirmé avoir visé «70 cibles» dans des raids aériens, notamment des sites de lancement de roquettes et des groupes d'hommes armés.

L'aviation a mené jeudi matin des attaques dans le nord du territoire. Une femme et ses trois enfants ainsi qu'une jeune voisine ont péri dans l'un de ces raids à Beit Lahya, selon des sources médicales.

Les groupes armés palestiniens, notamment le Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ont continué à tirer des roquettes sur Israël. Selon l'armée, 17 de ces engins sont tombés jeudi matin sur le sud d'Israël sans faire de victime.

Plus de 1000 morts

Au moins 37 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens dans la nuit et jeudi matin, selon des sources médicales palestiniennes.

Depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre, 1065 Palestiniens ont été tués, dont 355 enfants et 100 femmes. Plus de 5000 autre personnes ont été blessées, selon un dernier bilan des services d'urgence à Gaza.

Les tirs de roquettes sur le sud d'Israël ont fait quatre morts depuis le 27 décembre. Au total, dix militaires et trois civils israéliens ont été tués depuis le début de l'offensive.

Intenses efforts de la diplomatie

Alors que les forces israéliennes pénétraient plus en profondeur dans Gaza-ville, la diplomatie battait son plein pour mettre fin aux combats. Le secrétaire général de l'ONU Ban ki-moon est arrivé en Israël. Un émissaire israélien se trouve en Egypte, pays qui joue les intermédiaires avec le Hamas en vue d'un cessez-le-feu.

L'émissaire israélien doit discuter avec le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, d'un plan égyptien auquel le Hamas s'est montré disposé à donner une suite favorable tout en maintenant un certain flou.

Selon la radio publique israélienne, si les propositions égyptiennes sont acceptées par les Israéliens, elles seront soumises au vote du cabinet de sécurité puis au gouvernement dans son ensemble dans les prochains jours.

L'Assemblée générale de l'ONU doit tenir une réunion d'urgence jeudi pour appeler au respect de la résolution 1860 du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un cessez-le-feu à Gaza. Le texte est resté lettre morte depuis son adoption le 8 janvier.

«Inacceptable»

Ces tractations diplomatiques se poursuivent alors que la situation dans la bande de Gaza ne cesse d'empirer. Un million d'habitants vivent sans électricité, 750 000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, y a jugé la situation humanitaire «dramatique». L'UNICEF a qualifié d'»inacceptable» la mort de plus de 300 enfants. (ats)

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