Sa photo sur le web: Combien gagne l'iPhone Girl, simple ouvrière chinoise?
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Sa photo sur le webCombien gagne l'iPhone Girl, simple ouvrière chinoise?

Elle a été découverte sur le disque dur d'un iPhone 3G par l'acquéreur anglais du téléphone. Mais qui sont ces gens qui fabriquent ces appareils dernier cri?

Elle pose devant sa chaîne de montage et sa photo finit par faire le tour du web. C'est un Anglais qui l'a découverte il y a quelques jours dans son nouvel iPhone 3G. Il s'agit d'une ouvrière de Shenzhen qui travaille à la chaîne de montage de l'iPhone 3 G. Son entreprise s'appelle Foxconn. Le porte-parole de ce groupe taïwanais Liu Kun déclarait au China Daily que «les ouvriers de la chaîne de production testent habituellement l'appareil photo de chaque téléphone pour voir s'il fonctionne correctement.»

Les médias chinois se posent la question de savoir s'il s'agit d'un génial coup de pub d'Apple ou d'une simple erreur de manipulation d'une employée de l'usine d'assemblage qui a oublié d'effacer la photo de sa collègue.

Toujours est-il que ce fait divers permet d'apporter un éclairage sur les conditions de travail de ces ouvriers chinois. Combien gagne l'iPhone Girl? Si l'ouvrière chinoise a souhaité rester anonyme, un récent reportage publié dans l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur sur la plus grande usine du monde, Foxconn, donne un éclairage sur un volet de l'économie souvent oublié.

On y apprend que Foxconn emploie 270'000 ouvriers près de Shenzhen, une zone économique spéciale créée par Deng Xiaoping, près de Hongkong. Les ouvriers font les trois-huit, travaillent 10 heures par jour, même le dimanche en cas de «commande urgente».

160 francs mensuels pour dix heures par jour et des heures supp'

Le journaliste a rencontré une employée, Jin, 18 ans, qui travaille depuis deux ans dans l'entreprise. Elle gagne 84 euros par mois (130 francs), jusqu'à 100 euros (160 francs) «avec les heures supplémentaires si elle travaille dix heures par jour». Pas de quoi s'offrir l'appareil qu'elle monte. Et les conditions de travail sont difficiles. «Nous n'avons droit qu'à dix minutes pour aller aux toilettes», se plaint la jeune fille.

Foxconn appartient pourtant à Terry Gou, la 160e fortune mondiale selon le magazine américain Forbes. Un patron qui refuse l'accès à son usine aux journalistes. Seul The Wall Street Journal a eu l'honneur d'interviewer le big boss. De quoi laisser planer des questions sur les réelles conditions de travail de ces 270'000 petites mains.

dbe

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