Actualisé 03.12.2014 à 14:05

Vatican

Commandant des gardes suisses limogé

Le pape François a démis de ses fonctions un commandant de la Garde suisse, apparemment en raison de son style trop autoritaire et rigide.

Le colonel Daniel Rudolf Anrig, commandant du corps de la Garde suisse pontificale, terminera son service le 31 janvier 2015

Le colonel Daniel Rudolf Anrig, commandant du corps de la Garde suisse pontificale, terminera son service le 31 janvier 2015

Deux lignes en première page du quotidien «Osservatore Romano» ont annoncé, sans explications, le limogeage: «Le Saint-Père a disposé que le colonel Daniel Rudolf Anrig, commandant du corps de la Garde suisse pontificale, terminera son service le 31 janvier 2015, au terme de la prolongation accordée après la fin de son mandat quinquennal.»

Jugé trop sévère

Selon des informations recueillies par l'agence spécialisée sur le Vatican I.MEDIA, le colonel Anrig, 42 ans, originaire du canton de Saint-Gall, père de quatre enfants, était jugé trop sévère par certains. Il devrait être remplacé par l'actuel vice-commandant, le Lucernois Christoph Graf, à la réputation plus débonnaire.

Cent-dix gardes suisses veillent sur le pape, dans leurs superbes costumes jaune, rouge et bleu de la Renaissance, casque à plume sur la tête, hallebarde à la main, faisant la joie des touristes malgré leur mine imperturbable.

Ils suivent une discipline de fer et ont des tours de garde astreignants, avant de revêtir chaque jour leur tenue civile et de redevenir des jeunes hommes comme les autres.

François s'est intéressé à eux, quand ils étaient de faction devant la résidence Sainte-Marthe, où il habite. Il leur a posé des questions, offert de l'eau et même une fois un siège, serré la main à l'un ou l'autre, en rupture totale du protocole. C'est sans doute ainsi qu'il a perçu un mécontentement diffus à l'égard du colonel en chef.

«La fin d'une dictature»

Anrig aurait introduit l'usage d'une tenue de gala pour les officiers, fait effectuer de longs travaux pour un grand appartement, congédié des hommes au terme de 20 années de service. «C'est la fin d'une dictature», a confié à I.MEDIA un garde à l'annonce du départ de Daniel Anrig.

En mai dernier, François avait reçu les gardes suisses en audience: «Vous êtes appelés à donner un témoignage chrétien, serein et joyeux. Ce n'est pas l'uniforme mais celui qui l'endosse qui doit toucher les autres par la gentillesse, par l'esprit d'accueil», avait-il affirmé.

Les gardes suisses sont une survivance d'un passé troublé. A l'origine, ils avaient défendu le pape Clément VII lors du sac de Rome par les troupes de Charles Quint, le 6 mai 1527.

Pour entrer dans la Garde suisse, il faut avoir moins de 30 ans, une bonne santé, un casier judiciaire vierge, mesurer au moins 1,74 mètre. Les gardes s'engagent pour une durée minimale de deux ans.

(afp)

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