Suisse: Commandes record pour Stadler Rail en 2016
Actualisé

SuisseCommandes record pour Stadler Rail en 2016

Le groupe thurgovien a profité de l'entrée sur de nouveaux marchés, ainsi que du lancement de nouveaux produits.

Stadler Rail a enregistré en 2016 des commandes record de 4,9 milliards de francs.

Stadler Rail a enregistré en 2016 des commandes record de 4,9 milliards de francs.

Keystone

Après une année 2015 difficile, Stadler Rail a surmonté les conséquences du franc fort l'an dernier. Le fabricant thurgovien de matériel ferroviaire a affiché des commandes record de 4,9 milliards de francs, contre 2,1 milliards au cours de l'exercice précédent, alors que ses ventes ont légèrement progressé.

Au plus haut en 75 ans d'histoire, les entrées d'ordres ont ainsi largement dépassé le précédent record de 2,9 milliards de francs réalisé en 2014, a relevé mercredi le groupe établi à Bussnang. L'envol des commandes reflète notamment l'entrée sur de nouveaux marchés et le lancement de nouveaux produits.

Patron et propriétaire de l'entreprise de Suisse orientale, Peter Spuhler a par ailleurs précisé que des commandes de 1,52 milliard décrochées l'an dernier n'ont pas été comptabilisées. Certains appels d'offres font l'objet de recours de la part des concurrents ou la signature des contrats a pris du retard.

L'ancien conseiller national (UDC/TG) a mentionné les nombreux contrats remportés l'an dernier, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et aussi en Suisse. Beau joueur, l'ex-hockeyeur a aussi relevé quelques échecs, dont ceux pour la fourniture de 70 trams aux transports publics de Zurich ainsi que pour son produit phare, les rames Flirt, en Italie et en Autriche.

Giruno, le nouveau train des CFF

Stadler Rail a livré son premier convoi «Giruno», long de 400 mètres et disposant de 810 places assises, soit 40 % de plus que pour les trains actuels.

Des revers aussi

Peter Spuhler a aussi évoqué le revers subi en Australie, pour un appel d'offres de près de 1,83 milliard de francs. Livrer du matériel y est de toute manière très difficile pour des fabricants européens. De manière générale, la région Asie-Pacifique reste dominée par les Chinois et les Coréens.

Pour l'exercice sous revue, Stadler Rail avait budgété des commandes de quelque 3,5 milliards de francs. Malgré les effets du franc fort, le chiffre d'affaires a lui aussi renoué avec la croissance, passant d'une année à l'autre de 1,87 à 2,1 milliards.

Tant les revenus que le bénéfice, dont l'entreprise ne dévoile pas le montant, se sont inscrits dans la moyenne des dernières années. Mais les marges sont demeurées sous pression, la vigueur du franc ayant pesé à hauteur de 3-4% sur le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT).

Toutefois, les mesures mises en oeuvre pour contrer la vigueur du franc se sont révélées payantes, a poursuivi Peter Spuhler. Stadler Rail a ainsi misé sur des véhicules «plutôt haut de gamme», un segment moins exposé à la concurrence des pays à bas salaires. En outre, les prix de toutes les gammes de véhicules ont été revus.

Nouveaux sites à l'étude

Afin d'accroître la productivité de ses sites helvétiques et d'y maintenir l'emploi, Stadler Rail doit constamment améliorer leur efficacité. A cet effet, le groupe envisage de construire une nouvelle usine à St-Margrethen (SG) pour y transférer une partie de la production de celle d'Altenrhein (SG), centenaire et dès lors inadaptée à la fabrication des trains à deux étages, notamment.

Stadler Rail doit aussi envisager une solution aux Etats-Unis pour la fabrication des rames destinées au projet Caltrain, dont le financement est désormais assuré. Le groupe thurgovien doit disposer de nouvelles capacités de production afin de se conformer à la législation du «Buy American Act».

Stadler Rail sort renforcé de la crise du franc, a estimé M. Spuhler. Actuellement, l'entreprise emploie au total 7300 collaborateurs, dont quelque 3000 en Suisse, contre 7000 à fin 2016.

L'augmentation du nombre de salariés s'explique par la création d'une entreprise avec le fabricant polonais Solaris Bus & Coach ainsi qu'un bureau d'ingénierie à Chemnitz, en Allemagne. La plupart des sites du groupe ont affiché un bon niveau d'utilisation des capacités de production.

Ventes attendues en hausse

L'usine de Minsk (Biélorussie) a elle aussi retrouvé un bon niveau d'utilisation des capacités de production, à la faveur d'une commande de 23 tramways à Saint-Pétersbourg, en Russie. Alors que le marché du matériel roulant progresse sous l'effet de l'augmentation de la population et du besoin de renouvellement de l'infrastructure ferroviaire, la concurrence se ravive aussi.

Dans un contexte de consolidation du marché depuis la fin des années 90 et l'irruption des fabricants chinois ces dernières années, Stadler Rail doit plus que jamais miser sur ses atouts, en particulier des véhicules innovants et sur mesure, a ajouté M. Spuhler. D'ici trois à quatre ans, le chiffre d'affaires devrait grimper à 3 milliards de francs. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion