06.08.2020 à 19:31

Vente en ligneComme une odeur d’arnaque sur ce site de parfums

Une cliente qui avait fait quelques emplettes sur un site web de vente de produits de luxe début août a été pour le moins surprise: elle a reçu des testeurs au lieu d’articles conformes.

de
Valentina San Martin
Parfumsale.ch

C’était pour l’anniversaire de sa fille que Christine avait décidé d’acheter un parfum signé Ariana Grande. Sur internet, elle a découvert le site parfumsale.ch qui proposait des articles de luxe à prix réduits. Ni une, ni deux, Christine a rempli son panier de divers flacons et de crèmes, pour un montant total de 315 francs.

Quelques jours plus tard, elle a reçu son colis et, histoire d’être sûre que tout était en ordre, elle a compté le nombre d’articles. Tout y était. Ce n’est qu’après avoir offert son cadeau à sa fille que Christine a fait une découverte étrange: «Ma fille est venue me voir et m’a dit que c’était écrit «Testeur» et «Interdit à la vente» sur le produit. Et en y regardant de plus près, on a remarqué que les parfums avaient quasi tous la même odeur.» La mère de famille a donc décidé de contacter le service client du site, mais rien n’y a fait. On lui a rétorqué que c’est elle qui avait commandé des modèles d’exposition et que la plateforme était dans son bon droit. Mais qu’en est-il de la mention «Vente interdite»? «Les parfums nous sont officiellement vendus par les producteurs respectifs, ils peuvent donc être vendus sur notre boutique malgré cette mention», affirme parfumsale.ch.

Capture d’écran parfumsale.ch

Capture d’écran parfumsale.ch

Infractions possibles en cas d’indications trompeuses

Comme le note Sandra Renevey, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC), s’il est clairement indiqué sur la plateforme qu’il s’agit de vente de testeurs ou de produits potentiellement endommagés ou non emballés, cela ne tombe pas sous le coup de la loi. «Le droit Suisse autorise ce qu’on appelle la liberté de commerce. Il faut donc faire preuve d’un degré d’attention minimal au moment de l’achat, précise-t-elle. En parallèle, la plateforme doit détenir l’accord de la société dont elle vend les produits. Sinon, il s’agit de concurrence déloyale.»

Les marques: une réputation en jeu

En effet, pour préserver leur statut de prestige, les enseignes de luxe ont tout intérêt à limiter leur secteur. C’est la raison pour laquelle un site de revente se doit d’avoir le feu vert de ces dernières. En ce qui concerne parfumsale.ch, il ne semble pas détenir l’autorisation de certaines marques. Pour le parfumeur Guerlain par exemple, le constat est sans appel: «Le site parfumsale.ch n’est pas autorisé par l’enseigne, signale son service clientèle, qui invite à ne pas participer à ces ventes qu’il qualifie de frauduleuses. La provenance et la nature de ces produits n’étant pas connues, leur qualité peut ne pas correspondre aux critères Guerlain, voire être impropres à la consommation.»

Un pic d’arnaques durant la pandémie

Pour le moment, la FRC n’a pas reçu de plainte concernant cette plateforme. «Mais nous avons reçu des plaintes similaires pour le site Parfum-Factory.ch géré par la même société, qui se nomme What a Price GmbH. Il faut également noter que les deux sites ne sont pas détenus par la société en question, mais par des entités tierces sises à l’étranger, ce qui complique les choses en cas de poursuites pénales», explique Sandra Renevey. En ce qui concerne les risques encourus pour ce genre de pratiques, la fourchette juridique est large. «Pour le moment, il y a eu peu de condamnations de commerces électroniques frauduleux. Mais on a remarqué un pic durant le Covid-19.» Dans tous les cas, il est recommandé aux victimes d’arnaques de dénoncer le cas sur le site de la FRC et auprès du SECO.

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