30.07.2020 à 10:00

DES DÉCISIONS D'ACHAT EN CONNAISSANCE DE CAUSE

Comment faire du shopping durable

Vers une meilleure gestion des ressources naturelles, l’utilisation de matériaux écologiques et une plus grande durabilité: voici des conseils pour l'achat de vêtements durables.

de
Stephanie Sigrist
Au lieu de foncer tête baissée à la chasse aux bonnes affaires, les acheteurs de vêtements écologiques doivent se poser quelques questions avant de prendre leurs décisions d'achat. Un point important à vérifier est dans quel matériau le vêtement est fait.

Au lieu de foncer tête baissée à la chasse aux bonnes affaires, les acheteurs de vêtements écologiques doivent se poser quelques questions avant de prendre leurs décisions d'achat. Un point important à vérifier est dans quel matériau le vêtement est fait.

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Les grandes chaînes de vêtements telles que H&M, C&A ou Zara renouvellent leurs collections plusieurs fois par an. Cette mode dite «fast fashion» est populaire, mais perd rapidement de son attrait et n'a souvent qu'une courte durée de vie. Pour la fabrication de nos tee-shirts, robes et pantalons bon marché, on continue d’exploiter les travailleurs de pays à bas salaires. De plus, la production de vêtements, toujours plus nombreux, est extrêmement néfaste pour l'environnement. Selon un rapport publié par le «Tages Anzeiger», la qualité de la fast fashion pose également des problèmes aux entreprises de collecte de textiles. De nombreux vêtements achetés à bas prix sont faits de fibres ou de mélanges de fibres synthétiques et les collecteurs de vêtements ne peuvent donc pas utiliser les vêtements bon marché mis au rebut comme des biens de seconde main, ni les réutiliser.

Le coton est l'une des matières premières les plus utilisées dans l'industrie textile et les répercussions sont dévastatrices pour les pays producteurs. En moyenne mondiale, 11’000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de coton, et les zones de culture sont souvent situées dans des pays où l'eau potable est rare. De plus, le coton est principalement cultivé en monoculture, entraînant un appauvrissement nutritif des sols et une vulnérabilité accrue aux parasites. Ces derniers sont combattus avec des pesticides qui s'infiltrent dans la nappe phréatique nuisant ainsi considérablement à la qualité de l'eau dans la région concernée. À cela s'ajoutent les moyens de transport longs et énergivores: la matière première doit d’abord être transportée vers les pays où les tissus et les vêtements sont produits, puis la majorité des produits finis sont vendus dans d'autres parties du monde.

Pas de pesticides: le chanvre peut se protéger contre les parasites

Le bilan écologique d'autres fibres naturelles comme le chanvre ou le lin est nettement meilleur que celui du coton, car l’eau consommée pour la culture représente environ le quart et dans la plupart des cas, ces plantes n'ont pas besoin d'être traitées par des pesticides pour les protéger des parasites. Les textiles fabriqués à partir de fibres de chanvre sont également plus résistants que les autres tissus et doivent donc être remplacés moins souvent. Le coton biologique, cultivé sans utiliser de pesticides chimiques, est également bien meilleur pour l'environnement que le coton conventionnel.

Dans le cas de la laine, l'utilisation des terres est la principale cause d’un mauvais bilan écologique. Outre les zones de pâturage pour les animaux, un besoin en terres arables pour le fourrage est nécessaire. Les moutons émettent également du méthane: dans le monde, plus de 20% des émissions de méthane proviennent de ruminants tels que les vaches et les moutons. En outre, les fèces des troupeaux de moutons peuvent polluer les réserves d'eau potable. La soie est également controversée, car les chenilles qui la filent sont sélectionnées à outrance, selon les organisations de protection animale, et certaines sont même bouillies vivantes dans leur cocon. De plus, la consommation d'énergie est plus élevée pour la production de fibres synthétiques comme le polyester et l'acrylique que pour la production de fibres naturelles, et les habits synthétiques tels que les vêtements de travail ou les vestes polaires libèrent des micro-plastiques à chaque cycle de lavage, qui se retrouvent ensuite dans l'eau.

Voici les questions à se poser par les consommateurs soucieux de l'environnement

Au lieu de foncer tête baissée à la chasse aux bonnes affaires, les acheteurs de vêtements écologiques devraient se poser les questions suivantes. En quoi le vêtement est-il fait? Le coton biologique et les fibres naturelles comme le chanvre ou le lin ont un meilleur bilan écologique que le coton, la laine ou les fibres synthétiques conventionnelles. Existe-t-il une alternative analogue, faite de matériaux plus respectueux de l'environnement, qui n’utilise pas de produits chimiques et qui est réalisée dans de meilleures conditions de travail, avec un certificat de durabilité? Il faut également se poser la question sur son utilisation: est-ce que le tee-shirt multicolore de la collection actuelle correspond à mon style ou est-ce qu’il est voué à rester ensuite dans mon armoire parce qu'il me semblera soudain trop excentrique? Est-il assorti à ma garde-robe? Peut-il être combiné avec plusieurs hauts, pantalons, jupes et chaussures que j’ai déjà en ma possession?

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