Actualisé 06.07.2020 à 04:20

Chine

Comment l'OMS a appris l’existence du coronavirus

L'Organisation mondiale de la santé a d’abord été informée par son bureau chinois de l’apparition d’une maladie mystérieuse avant que les autorités chinoises confirment son existence.

Tedros Adhanom Ghebreyesus le 3 juillet 2020 à Genève. (Photo by Fabrice COFFRINI / POOL / AFP)

Tedros Adhanom Ghebreyesus le 3 juillet 2020 à Genève. (Photo by Fabrice COFFRINI / POOL / AFP)

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L'Organisation mondiale de la santé a indiqué cette semaine avoir été alertée fin décembre par son propre bureau en Chine, et non par la Chine elle-même, sur les premiers cas de pneumonie à Wuhan, à l'origine de la pandémie de Covid-19.

Le 9 avril, l'OMS a publié une première chronologie de sa communication pour répondre aux critiques, notamment américaines, lui reprochant d'avoir tardé à sonner l'alarme et fait preuve de complaisance à l'égard de la Chine.

Dans cette chronologie, l'OMS s'était jusqu'à présent limitée à indiquer que la Commission sanitaire municipale de Wuhan dans la province de Hubei en Chine avait signalé le 31 décembre des cas de pneumonie. L'agence sanitaire ne précisait toutefois pas qui l'avait prévenue.

Le 20 avril, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusé par les Américains d'avoir négligé des informations-clés sur une possible transmission du coronavirus entre humains venues de Taïwan dès fin décembre 2019, avait lui aussi assuré en conférence de presse que le premier rapport était «venu de Chine», sans préciser s'il avait été transmis par les autorités chinoises ou par une autre source.

Chronologie détaillée

La nouvelle chronologie, publiée cette semaine par l'institution basée à Genève, offre une version plus détaillée des faits.

Elle indique que c'est le bureau de l'OMS en Chine qui, le 31 décembre, notifie son référent régional de cas de «pneumonie virale» après avoir trouvé une déclaration pour les médias sur le site de la Commission de la santé de la municipalité de Wuhan à ce sujet.

Le même jour, le service de renseignement sur les épidémies de l'OMS récolte une autre information de presse transmise par le réseau de veille épidémiologique international ProMed – basé aux Etats-Unis – sur le même groupe de cas de «pneumonie de cause inconnue» à Wuhan.

Suite à quoi, l'OMS a demandé à deux reprises, les 1er et 2 janvier, des informations sur ces cas aux autorités chinoises. Ce qu'elles ont fait le 3 janvier.

Plus de 521’000 morts

«Les pays disposent d'un délai, de 24 à 48 heures, pour vérifier officiellement un événement et nous fournir des informations supplémentaires sur la nature ou la cause de l'événement», a expliqué vendredi le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan, en conférence de presse.

«Les autorités chinoises sont immédiatement entrées en contact avec notre responsable national dès que nous leur avons demandé une vérification du rapport», a-t-il dit.

La pandémie a fait jusqu'à présent plus de 521’000 morts dans le monde. Et le président américain Donald Trump a annoncé que son pays, principal contributeur financier de l'OMS, allait couper les ponts avec l'institution, accusée d'être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

L'OMS, elle, dément toute complaisance envers Pékin.

(AFPE)

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43 commentaires
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Walo

04.07.2020 à 09:07

La Chine ne communique que ce qu'elle veut bien selon les directives de son gouvernement. Quiconque veut en savoir plus ou alerter prend un gros risque. Nous devons nous en accommoder.

Munche

04.07.2020 à 08:04

Et pendant ce temps une autre pandémie se prépare, ce sera COVID-20, transmis par l'élevage intensif de cochons, encore plus méchant comme virus, et comme par hasard, c'est en Chine de nouveau, niveau d'alerte égale a zéro.

Shyra

04.07.2020 à 07:52

Lorsqu'un pays persiste et signe qu'il n'a rien à cacher, il n'interdit pas l'entrée d'expert pour tenter de comprendre et d'évaluer la situation. Nous avons perdu des mois cruciaux. Si la Chine avait connaissance du virus en octobre et déclaré fin décembre, ils n'ont rien fait pour le contenir, mais bien au contraire puisqu'il s'est déplacé avec les personnes dans les avions dans toute l'UE et en Suisse. Nous avons droit à la vérité pour cette hécatombe.