Guerre en Ukraine: Comment la contre-offensive de Kiev a conduit à la menace nucléaire russe?

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Guerre en UkraineComment la contre-offensive de Kiev a conduit à la menace nucléaire russe?

Impatience des grands pays émergents, votes d’annexion dans l’urgence de régions, progrès de l’armée ukrainienne et bombe atomique: voici comment Poutine s’est retrouvé dos au mur?

Les grands pays émergents que Vladimir Poutine espère rallier à sa cause anti-occidentale commencent à montrer des signes d’impatience. La semaine dernière, le Premier ministre indien, Narendra Modi, lui a ainsi dit que l’heure n’était «pas à la guerre».

Les grands pays émergents que Vladimir Poutine espère rallier à sa cause anti-occidentale commencent à montrer des signes d’impatience. La semaine dernière, le Premier ministre indien, Narendra Modi, lui a ainsi dit que l’heure n’était «pas à la guerre».

via REUTERS

Après sept mois d’offensive poussive, le président russe Vladimir Poutine a exacerbé, mercredi, le conflit en Ukraine, en mobilisant des centaines de milliers d’hommes et en menaçant de recourir à l’arme nucléaire. Explications sur cette escalade.

  • Pourquoi maintenant?

Depuis que la Russie a lancé son assaut en Ukraine, le 24 février, le Kremlin n’a cessé de répéter que tout «se passe selon le plan». Même lorsqu’il a dû abandonner son offensive sur Kiev et se replier sur l’est au printemps. Début septembre, les choses ont changé, les forces ukrainiennes, armées par l’Occident, forçant les Russes à se retirer de la région de Kharkiv, et à reculer dans le Donbass ou à Kherson.

Par ailleurs, les grands pays émergents que Vladimir Poutine espère rallier à sa cause anti-occidentale commencent à montrer des signes d’impatience. La semaine dernière, le Premier ministre indien, Narendra Modi, lui a ainsi dit que l’heure n’était «pas à la guerre». Le maître du Kremlin a aussi admis entendre «les inquiétudes» du président chinois Xi Jinping.

«Il a reçu des pays non occidentaux le signal d’en finir au plus vite, d’arrêter de parler au nom du monde non occidental», analyse sur Facebook Alexandre Baounov, un ancien expert du centre Carnegie de Moscou, fermé cette année par le gouvernement russe.

  • Annexion et bombe atomique

Dans ce contexte, la Russie a voulu reprendre l’initiative en annonçant dans l’urgence, mardi, l’organisation, du 23 au 27 septembre, de votes d’annexion dans quatre régions ukrainiennes que Moscou contrôle au moins partiellement. Or la doctrine militaire russe prévoit le recours à l’arme nucléaire si son territoire est attaqué. En cas d’annexion, aux yeux du Kremlin ce serait le cas, même si aucun autre État au monde ne reconnaissait de telles frontières.

Il s’agit donc pour la Russie de stopper la contre-offensive ukrainienne et les livraisons d’armes par ces votes, que l’Occident a qualifiés de «parodies» et de «simulacres». Dès mardi, la cheffe de la chaîne télévisée d’Etat russe RT, Margarita Simonian, estimait donc que cette semaine serait soit «l’antichambre de notre victoire imminente», soit celle «de la guerre nucléaire».

  • Mobiliser et pourquoi?

La mobilisation partielle annoncée concerne 300’000 réservistes, en priorité des personnes ayant une expérience militaire. Peu de détails ont été rendus publics sinon que ces personnes seront formées et équipées de manière appropriée. Aucun calendrier de déploiement n’a été annoncé, alors que beaucoup des troupes les plus expérimentées sont sur le terrain, subissant de nombreuses pertes.

Les étudiants et les appelés du contingent ne seront pas concernés par une mobilisation au front, ont promis les autorités russes. Selon le chef de la commission de la défense au Parlement, Andreï Kartapolov, sont principalement concernés les soldats et sous-officiers réservistes de moins de 35 ans, ainsi que les officiers subalternes de réserve de moins de 45 ans.

Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a, lui, expliqué que cette mobilisation était nécessaire pour tenir les territoires occupés en Ukraine. La ligne de front «est longue de plus de 1000 kilomètres. Évidemment, il faut renforcer cette ligne et les arrières, il faut contrôler ces territoires», a-t-il dit.

Un pari de Vladimir Poutine?

Depuis mardi, et l’annonce des référendums d’annexion, le Kremlin semble vouloir jouer l’escalade pour obtenir la reddition de l’Ukraine, en mettant l’option nucléaire sur la table. «C’est un ultimatum de la Russie à l’Ukraine et à l’Occident: soit l’Ukraine recule, soit c’est la guerre nucléaire», commentait, dès mardi, l’analyste indépendante Tatiana Stanovaïa sur Telegram. Mercredi, Vladimir Poutine a d’ailleurs martelé que «ce n’est pas du bluff».

Depuis sept mois, l’Occident a affiché son soutien à l’Ukraine, ne cessant d’accroître son aide militaire et financière. Londres a de son côté raillé les annonces russes, qualifiées d’«aveu d’échec». Sur le plan militaire, la mobilisation risque d’être insuffisante pour changer la réalité sur le terrain. Du moins dans l’immédiat. Le défi logistique de former, équiper et envoyer 300’000 hommes au front est énorme, d’autant que la Russie a déjà déployé, au prix de lourdes pertes, ses meilleurs unités et équipements.

«Depuis le début de l’opération militaire, presque rien ne se passe comme prévu», résumait, mercredi, Tatiana Stanovaïa.

(AFP)

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