Attentat du 14 juillet 2016: Comment le tueur de Nice poussait sa femme à bout
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Attentat du 14 juillet 2016Comment le tueur de Nice poussait sa femme à bout

D'après «GQ», Mohamed Lahouaiej Bouhlel s'amusait à uriner sur les pieds de son épouse, à étaler ses selles sur les murs et à «éviscérer» les peluches de leurs enfants.

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joc
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Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

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AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

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AFP
Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

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AFP

Le magazine «GQ» est revenu très longuement sur les circonstances de l'attentat de Nice, survenu le 14 juillet 2016. Le média s'est également attardé sur la personnalité de Mohamed Lahouaiej Bouhlel et donne des détails déroutants sur sa vie d'homme marié. Né à Msaken, au nord-est de la Tunisie, il était un garçon désobéissant qui frappait ses camarades et qui cassait les portes chez lui.

Le jeune homme était obsédé par son apparence: «Je suis laid», avait-il confié à un psychiatre en 2004, alors qu'il était âgé de 19 ans. Le spécialiste lui a prescrit des antidépresseurs, un anxiolytique et de l'Haldol, un médicament souvent donné pour soigner la schizophrénie et l'agressivité. «C'étaient les débuts d'une psychose. Il ne vivait pas dans le monde réel», avait expliqué le psychiatre au «Times».

Un comportement déplacé

Mohamed Lahouaiej Bouhlel ne voyait qu'une seule issue pour s'en sortir: le mariage. A Nice, où il a été élevé, il a épousé sa cousine germaine Hajer Khalfallah en 2006. Il avait 22 ans, elle en avait 21. La jeune femme s'est longuement confiée à la police sur leur union chaotique. «Au début, nous étions heureux. Mais c'était toujours lui en premier. Il faisait très attention à lui-même», a-t-elle expliqué.

En 2010, Lahouaiej Bouhlel a décroché un travail dans une société de distribution de boissons. Mais après six mois, des clients se plaignaient déjà de son comportement déplacé. Fin 2011, après une soirée de boîte, plusieurs serveuses et serveurs ont rapporté avoir reçu des avances inappropriées du jeune homme. «Il a tout nié et a affirmé ne pas être homosexuel», avait rapporté son manager.

Il étalait ses excréments sur les murs

C'est à ce moment-là que le mariage du Tunisien a commencé à prendre l'eau. Il critiquait la cuisine et le ménage que faisait sa femme et passait énormément de temps avec sa mère. Un soir, Hajer Khalfallah est sortie sans l'autorisation de son époux. Celui-ci a répliqué en «éviscérant» la peluche d'un de ses enfants avec un couteau. Un autre jour, il a fait ses besoins dans leurs lits et étalé ses excréments sur les murs. «Il voulait me pousser au divorce pour pouvoir vivre une vie de célibataire, sortir avec des filles et aller en boîte», a témoigné son ex-femme, qui a déposé plusieurs mains courantes contre l'individu.

Hajer Khalfallah subissait constamment les humiliations de son mari, qui s'amusait à uriner sur ses pieds ou à lui verser du vin sur le visage pendant son sommeil. Le couple a fini par entamer une procédure de divorce et Lahouaiej Bouhlel a trouvé refuge chez son ami Roger, un homosexuel qui était très attiré par le Tunisien. «J'aurais adoré être son amant. Il était beau. Je lui ai fait quelques avances mais j'ai très rapidement compris que je ne l'intéressais pas. Il aimait trop les femmes», a confié Roger aux enquêteurs.

Le 14 juillet 2016, Mohamed Lahouaiej Bouhlel tuait 86 personnes et en blessait 458 en faisant irruption sur la promenade des Anglais, à Nice, au volant d'un poids lourd.

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