Des vols respectueux du climat – Comment le vent et le compost vous emmènent en vacances
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Des vols respectueux du climatComment le vent et le compost vous emmènent en vacances

La première usine au monde en mesure de produire de grandes quantités de kérosène artificiel respectueux du climat a ouvert ses portes en Allemagne. C’est une bonne nouvelle pour les voyageurs soucieux de l’environnement.

par
Jan Graber
Le groupe Lufthansa, dont fait partie Swiss, est le premier client à voler avec du kérosène respectueux du climat provenant d’Atmosfair.

Le groupe Lufthansa, dont fait partie Swiss, est le premier client à voler avec du kérosène respectueux du climat provenant d’Atmosfair.

Boris Roessler/dpa

Prendre l’avion? Bien sûr, mais encore faudrait-il que le poids de la culpabilité ne pèse pas autant sur notre conscience. Voyager par les airs peut en effet ruiner un bilan environnemental. De nombreuses personnes ne veulent toutefois pas renoncer à prendre l’avion. Plusieurs compagnies aériennes sont bien conscientes de ce dilemme et proposent des vols neutres sur le plan climatique. Ce n’est cependant pas aussi écologique que cela y paraît, comme nous l’écrivions. Mieux vaut donc voler avec du kérosène «vert».

Un terme qui n’est pas galvaudé

La tendance à vouloir voler tout en respectant l’environnement a eu pour conséquence la construction de la première usine au monde qui produit du kérosène climatiquement neutre. Elle a récemment été mise en service près du petit village allemand de Werlte. Jusqu’à présent, le carburant synthétique n’était produit en grande quantité qu’en laboratoire.

Dans le cadre de cette installation, le terme «respectueux du climat», souvent galvaudé, n’est pas trompeur. Pour fabriquer ce «fairfuel», on utilise l’électricité de parcs éoliens – la quantité excédentaire étant injectée dans le réseau. Le CO2 nécessaire à la production est, d’une part, fourni par une installation de biogaz, dans laquelle du méthane est fabriqué à partir de résidus alimentaires et de cultures, d’autre part généré directement à partir de l’air, grâce à des filtres spéciaux.

L’usine, exploitée par Atmosfair, a besoin de 1,25 mégawatts d’électricité. Elle produit 20 kilos d’hydrogène par heure, qui est transformé en pétrole brut artificiel grâce à du dioxyde de carbone à haute pression à 200 degrés. L’objectif est de produire près de 350 tonnes par an de carburant aéronautique neutre en CO2. Huit barils de kérosène «vert» pour avions seront livrés chaque jour.

Le village allemand de Werlte abrite la première usine au monde capable de produire du kérosène «vert» en grande quantité.

Le village allemand de Werlte abrite la première usine au monde capable de produire du kérosène «vert» en grande quantité.

picture alliance/Friso Gentsch

Une entreprise suisse impliquée

Le client principal d’Atmosfair est la compagnie aérienne allemande Lufthansa. Le groupe, qui comprend Swiss, ajoute déjà un mélange d’huiles de cuisson dans ses carburants. En outre, la Suisse est directement impliquée dans ce projet, puisque la société de transport Kühne + Nagel a signé un accord de partenariat avec Atmosfair.

Le groupe Lufthansa souhaite acheter chaque année au moins 25’000 litres de kérosène respectueux du climat à Atmosfair, et ce au cours des cinq prochaines années. Lufthansa est déjà le plus grand acheteur européen de carburants produits de manière durable. «Les carburants synthétiques issus d’énergies renouvelables sont les kérosènes du futur, car ils permettent un transport aérien neutre en CO₂», souligne la compagnie aérienne. En ce moment, l’industrie se concentre sur les carburants synthétiques. L’hydrogène et les piles à combustible dans les avions représentent encore des rêves pour le futur, alors que les moteurs électriques se limitent à de courtes distances.

Greenpeace fait l’éloge - et met en garde

Angela Merkel, la chancelière sortante, était présente par vidéo interposée à l’inauguration de l’usine. «La mobilité respectueuse du climat est un élément extrêmement important dans la protection globale de l’environnement», a-t-elle déclaré. La nouvelle usine a également reçu l’aval de Greenpeace. L’organisation environnementale a toutefois souligné que le carburant respectueux du climat ne peut pas, à lui seul, optimiser le bilan des compagnies aériennes. Les deux tiers des dommages climatiques sont en effet causés par les traînées de condensation laissées en haute altitude. À choix, Greenpeace bannirait donc systématiquement les vols sur de courtes distances.

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