Comment les couteliers ont perdu la marque Laguiole?
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Comment les couteliers ont perdu la marque Laguiole?

Depuis qu'ils ne peuvent plus utiliser leur marque, les couteliers français de Laguiole se lancent dans le monde du luxe et du bijou.

Des couteaux Laguiole vendus de 1200 euros (1900 fr.) ou 5000 euros (7900 fr.)? Comment expliquer ce positionnement haut de gamme pour une lame habituellement vendues une centaine de francs? «Dandys et collectionneurs aiment une lame en damas, acier plié à l'ancienne, ou un manche de phacochère, un cochon sauvage fossile, réalisé en petite série par un artisan», confie Brigitte Nourrisson, gérante de la boutique Laguiole sur Internet.

Les couteliers s'aventurent dans le luxe aussi parce qu'ils ont l'interdiction d'user du nom de leur village de Laguiole pour griffer des dérivés.

Pour tous les autres produits que le couteau, la griffe appartient à l'homme d'affaires Gilbert Szajner qui a déposé la marque Laguiole TM en 1992. Les couteliers l'ont attaqué en justie, mais ils ont tout perdu dans ce procès qui s'est terminé en 2001. Le tribunal reconnaît les droits de Gilbert Szajner.

Aujourd'hui, sa société, Laguiole SA, touche 800 000 euros (1,2 millions de francs) en royalties par an pour la vente de briquets, stylos, vin, parfums, montres, vêtements, lunettes, vaisselle, lave-vaisselle et même 4x4. Les juges décident en outre que la marque Laguiole ne peut pas être déposée pour le couteau, une centaine de fabricants se partageant l'appellation. Du coup, les couteliers pakistanais et indiens peuvent vendre en toute légalité des couteaux Laguiole à prix cassés.

Giuseppe Melillo

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