Randonnées - Comment réagir lorsque notre chemin croise celui d’un troupeau de vaches ?
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RandonnéesComment réagir lorsque notre chemin croise celui d’un troupeau de vaches ?

À La Vue-des-Alpes (NE), les cours de sensibilisation aux bovins rencontrent vachement de succès. Quelques astuces à connaître pour les adeptes de randonnées.

par
Lauren von Beust

L’été approche à grands pas. Les meumeus s’apprêtent à monter aux pâturages. N’avez-vous jamais sourcillé en balade lorsque votre chemin croisait celui d’un troupeau de vaches ? Cette année, les Amis de la nature ont encouragé la tenue d’un cours de sensibilisation aux bovins près de La Vue-des-Alpes (NE). Sibylla Leuba, membre de l’association, les a elle-même toujours craints. «À la base, ça devait être un petit cours, et puis quelque 76 personnes ont voulu y participer», s’est-elle réjouie.

«Les araignées ne me font rien, mais j’ai la phobie des vaches. Elles me tétanisent», confie Anne, venue avec sa fille depuis La Chaux-de-Fonds (NE) pour suivre, samedi dernier, les astuces de Myriam Maridor, conseillère et enseignante à la Chambre neuchâteloise d’agriculture. D’après cette dernière, «les gens sont effrayés par les vaches parce qu’elles sont imposantes». «On interprète souvent mal leur comportement. Si elles avancent sur nous avec le nez en avant, ce n’est pas pour nous attaquer. C’est un signe de curiosité.» Contrairement aux cornes, qui, lorsqu’elles nous font face, représentent une menace.

Les mères protègent leurs veaux

«Les vaches mères qui veulent protéger leurs veaux auront davantage tendance à attaquer si elles se sentent menacées, tandis que le taureau, voulant rester le chef de son troupeau, peut percevoir le promeneur comme un concurrent. Mais les bovins n’attaquent pas sans raison», explique l’agricultrice. L’Union suisse des paysans précise, de son côté, que la présence de chiens de compagnie conduit plus facilement à un accident. En automne 2019, alors qu’une cinquantenaire tentait de récupérer son chien dans un pâturage, celle-ci avait été piétinée par des vaches à Sainte-Croix (VD). Blessée, la promeneuse avait dû être héliportée au CHUV.

Quelques bons réflexes en balade

  • Rester calme face à un troupeau de vaches, simuler l’indifférence.

  • Maintenir une distance suffisante avec les bovins. Ne pas les approcher frontalement.

  • Ne pas caresser les vaches, et surtout pas les veaux.

  • Tenir son chien en laisse et à distance des bovins.

  • En cas d’attaque, se coucher par terre et lâcher son chien.

  • Ramasser les déjections de son chien et les déchets.

Samedi dernier, Jean-Claude, habitant du Val-de Travers (NE), a amené son berger allemand Gary, pour que celui-ci se familiarise avec les bêtes. Il en a peur. «En balade, il y a des endroits que l’on ne peut éviter, constate-t-il. C’est important de savoir quel est le bon comportement à adopter avec son chien.» Mais le toutou est tout de même reparti avec une léchouille sur le museau. Quant à Suzanne, bien qu’elle ait grandi dans un village où un pâturage la séparait de l’école, cette sexagénaire s’est fait une frayeur il y a quelques années, du côté du Noirmont (JU). «Je me baladais avec une amie. Je pensais que l’on pouvait se lancer sans autres, eh bien on a dû revenir en arrière. Déterminées, les vaches nous arrivaient contre», relate-t-elle.

lvb

Malgré une fréquentation accrue des sentiers de randonnée l’an dernier, Suisse Rando note que relativement peu de conflits ou d'accidents impliquant des bovins et des tiers humains ou canins ont été signalés sur cette période. «Les bovins sont sensibles au bruit et aux cris stridents surtout», ajoute Myriam Maridor. D’où l’importance de rester calme. Pas de fuite en zigzag en cas d’urgence, donc. «La vache courra sans aucun doute beaucoup plus vite que vous!, lance la Neuchâteloise. En dernier recours, couchez-vous par terre, elle finira par se lasser de vous!» Plus facile à dire qu’à faire pour bon nombre d’entre nous.

Mythe du foulard rouge

Agiter un foulard rouge n’aura aucun effet sur les vaches, qu’elles soient allaitantes ou laitières. Leur vision n’est nette que jusqu’à 6 mètres et ces dernières ne distinguent rien à partir de 10 mètres. En revanche, elles perçoivent plutôt les couleurs froides, comme le bleu et le vert.

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