Actualisé 21.11.2018 à 16:16

«Gilets jaunes» en FranceComplotistes, activistes, fachos: dérive alarmante

Les autorités françaises dénoncent la «radicalisation» des «gilets jaunes». Les services de renseignement, eux, soulignent l'évolution inquiétante des profils des manifestants.

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Le mouvement des «gilets jaunes», hétérogène et non coordonné, est inédit en France. Les observateurs ont du mal à comprendre l'évolution de cette mobilisation, et le ministère de l'Intérieur a toutes les peines du monde à organiser le maintien de l'ordre. Pendant ce temps, les appels à un regroupement à Paris le samedi 24 novembre se multiplient et le service central du renseignement territorial (SCRT) s'inquiète. Il semble en effet que le profil des militants «gilets jaunes» présente une évolution «alarmante», écrit «Le Parisien».

Sur le parking d'un centre commercial des Côtes-d'Armor par exemple, des militants de l'ultra gauche, armés de barres de fer et de cocktails Molotov, ont infiltré un rassemblement de «gilets jaunes». Une vidéo publiée sur Facebook montre par ailleurs le vice-président d'un groupuscule identitaire se filmer à un giratoire dans le nord-ouest du pays. Il «menace des préfets» et appelle à «la destruction de biens», selon le SCRT. «Il y a désormais des activistes d'ultra-gauche comme des citoyens non-militants sensibles aux thèses complotistes et de l'extrême droite, avec une caisse de résonance sur la fachosphère», explique une source sécuritaire citée par le quotidien français.

Réunions de lycéens sous la loupe

Le mouvement des «gilets jaunes» ne s'appuyant sur aucun «soutien structurant», des leaders autoproclamés prennent les commandes et dérapent. Le SCRT s'inquiète également de certains rassemblements de pêcheurs ou encore de lycéens dans le sud de la France. «Ils reprennent les slogans du mouvement, et quelques-uns portent des gilets jaunes», note une source policière. A La Réunion, un policier a eu une main arrachée en intervenant contre les violences urbaines qui frappent l'île paralysée. «La nouveauté, ce sont ces violences types urbaines qui ont lieu paradoxalement aussi dans des zones rurales car les rassemblements sont à portée de domicile», analyse un haut gradé de la gendarmerie.

Pour éviter que l'opinion se retourne contre eux, certaines têtes pensantes des «gilets jaunes» essaient d'enseigner les bonnes pratiques, le respect, et multiplient les appels à la non violence, relève le Huffington Post. Cette tentative d'auto-discipline s'organise principalement sur Facebook, où est né ce mouvement. Le groupe Nous Gilets Jaunes, qui regroupe quelque 17'000 militants, s'efforce notamment de prêcher la bonne parole à travers une liste de recommandations.

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