Intelligence artificielle - Comprendre la consommation d’alcool des jeunes via une app
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Intelligence artificielleComprendre la consommation d’alcool des jeunes via une app

À l’aide d’images et de vidéos enregistrées par des volontaires, des chercheurs analysent les comportements des jeunes face à la boisson.

par
Adeline Hostettler
Des scientifiques de l’Institut de recherche Idiap de Martigny étudient les réactions des jeunes face à l’alcool, en fonction de l’environnement dans lequel ils se trouvent.

Des scientifiques de l’Institut de recherche Idiap de Martigny étudient les réactions des jeunes face à l’alcool, en fonction de l’environnement dans lequel ils se trouvent.

Idiap

«Cette approche basée sur les capteurs du smartphone est non seulement novatrice, mais nous avons aussi démontré qu’elle produit des résultats fiables et pertinents», explique Florian Labhart, chercheur en santé publique associé à l’Institut de recherche Idiap à Martigny (VS). Ce nouvel outil de travail permet de collecter des données bien plus précises que celles basées sur l’autoévaluation des participants à ce genre d’études. Les scientifiques analysent ensuite ces éléments à l’aide de l’intelligence artificielle. Des algorithmes déterminent le niveau de luminosité ambiante, la sonorité et le nombre de personnes dans la pièce. Le but est d’observer si des corrélations existent entre la consommation d’alcool et l’environnement dans lequel se trouvent les participants.

Pour s’assurer de l’efficacité de cette méthode, les chercheurs ont également demandé aux participants de décrire l’endroit et d’enregistrer des clips de 10 secondes, qui ont été ensuite visionnés et annotés par des assistants de recherche humains. Cette étape cruciale permet de valider, ou non, les données des algorithmes. Diverses procédures éthiques ont été mises en place pour préserver l’anonymat des participants.

L’étude a révélé que les lieux privés ainsi que les environnements très bruyants, à forte fréquentation ou encore sombres, sont propices à la consommation d’alcool. Il en va de même dans les débits de
boissons. En comparant les données annotées avec les résultats, les estimations faites par les participants eux-mêmes sont parfois moins consistantes. «Cette publication illustre le potentiel des collaborations entre chercheurs en santé publique et en informatique pour améliorer les connaissances sur les circonstances de consommation d’alcool et sur les méthodes pour obtenir des informations pertinentes», conclut le professeur Daniel Gatica-Perez, responsable du groupe de recherche Social computing de l’Idiap.

Ces travaux, soutenus par le Fonds national suisse, ont fait l’objet d’une publication, mercredi, dans la prestigieuse revue scientifique PLOS One.

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