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ValaisConcentration en vue dans le milieu hospitalier

Le Haut-Valais devra se contenter d'un seul établissement au lieu de deux. Dans le Valais romand, toute la chirurgie sera groupée à l'hôpital de Sion.

Le Conseil d'Etat valaisan renonce à la construction de tout nouvel établissement. Mais il est prêt à cautionner des investissements de 400 millions de francs pour transformer et rénover les sites existants, a déclaré mardi lors d'une conférence de presse la cheffe du Département valaisan de la santé Esther Waeber-Kalbermatten.

La spécialisation toujours plus poussée oblige à concentrer les prestations médicales sur un nombre restreint d'établissements. Pour chaque domaine, il faut atteindre une masse critique de patients pour garantir la qualité des soins.

Vision stratégique

Le Réseau Santé Valais (RSV) doit dès lors adapter ses structures. Le gouvernement a pris une décision stratégique. Il attend maintenant du RSV qu'il lance des études plus poussées afin de déterminer avec précision ses besoins dans le cadre du portefeuille financier prévu.

Pour le Valais romand, exclusion faite de l'hôpital du Chablais, la vision est claire et assez largement partagée. Actuellement, les soins aigus complexes sont traités à Sion, les traitements légers le sont aussi à Sierre et à Martigny. A l'avenir, la totalité des soins aigus sera groupée à Sion.

Les hôpitaux de Sierre et de Martigny prendront en charge les suites de traitement, la réadaptation, la gériatrie. le bassin de population est suffisant pour opter pour ce modèle, qui est aussi celui de l'hôpital du Chablais, a précisé Mme Waeber-Kalbermatten.

Haut-Valais au pied du mur

La situation est différente dans le Haut-Valais où le nombre de patients impose de n'avoir plus qu'un seul hôpital pour les soins aigus, la réadaptation, la gériatrie. Le gouvernement attend du RSV qu'il conduise des études détaillées permettant de décider lequel des deux hôpitaux de Brigue ou de Viège subsistera.

Pour la conseillère d'Etat, le Haut-Valais doit se positionner et dire clairement ce qu'il veut. Maintenir deux hôpitaux est, à terme, trop onéreux et «ne sera à un moment donné tout simplement plus possible», estime-t-elle, évoquant même le risque de disparition des deux établissements.

Même si une nouvelle construction n'est financièrement pas possible, le gouvernement est conscient des besoins. Selon ses calculs, le RSV peut dégager annuellement 40 millions de francs pour financer des investissements.

De ce montant, il faut déduire une quinzaine de millions de francs pour des investissements annuels de remplacement, d'entretien des bâtiments et une dizaine de millions pour le paiement des intérêts. Le solde pour de nouveaux investissements est de l'ordre d'une quinzaine de millions de francs par année.

Pour une génération

Le gouvernement a calculé un cadre financier sur une période de 25 ans, soit une génération. Sur cette période, le RSV peut financer 400 millions de francs de nouveaux investissements. Le Conseil d'Etat est prêt à cautionner un emprunt de ce montant, a dit Mme Waeber-Kalbermatten qui espère pouvoir en faire la proposition au Grand Conseil avant la fin de l'année.

Le montant est réparti à raison d'un quart pour le Haut-Valais et trois quarts pour le Valais romand. Il servira, à Sion, à rénover les salles d'opération vétustes et à en augmenter le nombre. Il faudra également construire un nouveau bâtiment annexe pour augmenter la capacité d'hébergement.

Si les besoins pour le Valais romand ont déjà été étudiés dans le détail, ce n'est pas le cas du Haut-Valais. Le gouvernement attend maintenant que le RSV procède à cette étude dans la partie alémanique du canton. Ensuite seulement une décision quant à la localisation pourra être prise. (ats)

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