Lausanne: Concours boudé par des commerçants «dégoûtés»
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LausanneConcours boudé par des commerçants «dégoûtés»

Depuis 2013, un prix récompense les meilleures boutiques de la ville. Mais bien des enseignes se méfient du jury et renoncent à participer.

par
Francesco Brienza
Trop de magasins rechignent à participer au Prix du commerce.

Trop de magasins rechignent à participer au Prix du commerce.

Le Prix du commerce ne fait pas recette. Cette année, moins de 90 enseignes se sont inscrites au concours, sur les 2600 que compte la ville (soit 3,5%). «J'avoue que je ne comprends pas, lance Helena Druey, présidente du jury. Pourtant, 36 000 francs sont distribués aux lauréats. Il suffit de remplir un formulaire!» Cette absence de mobilisation embarrasse le City Management, qui organise l'événement. «Nous croyons à ce prix mais il se cherche encore, reprend Helena Druey. Une séance aura lieu en septembre pour affiner le concept.»

Côté palmarès, la faible participation laisse des traces. «La même orfèvrerie de la rue Neuve a remporté trois fois de suite le titre de plus belle vitrine, déplore un gérant de magasin dans le quartier du Tunnel. Nous sommes plusieurs à douter de l'impartialité du concours...» Une accusation balayée par la présidente du jury: «Cette indépendante se donne toute l'année pour se distinguer. Elle a fini loin devant. Les autres feraient mieux de s'en inspirer plutôt que de se lamenter.»

L'argument ne convainc toutefois pas Geneviève Tetier, du Groupement des commerçants de Saint-Laurent/Haldimand. «Nous nous méfions de ces concours orchestrés par le City Management, glisse-t-elle. A Lausanne, il y a un mauvais climat entre les marchands et les autorités, qui ne nous écoutent jamais. Nous sommes dégoûtés. Ce n'est pas un prix annuel qui va changer cela.» Contactés, le municipal à la tête de la police du commerce et le syndic étaient injoignables mardi.

Booster les achats

Le concours a été lancé à Lausanne en 2013. Son but: encourager les commerçants à donner le meilleur d'eux-mêmes pour inciter les clients à consommer en ville. Un jury composé de huit professionnels fait au moins deux visites anonymes chez les candidats, puis récompense la plus belle vitrine, le meilleur accueil, le coup de cur et le meilleur bistrot. Les trois premiers de chaque catégorie empochent 5000, 3000 et 1000 francs. A noter que la Fondation qui chapeaute ce prix est cofinancée par la Ville de Lausanne et par des acteurs économiques privés.

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