Genève: Concours de vidéos pour booster le vote étranger
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GenèveConcours de vidéos pour booster le vote étranger

Une association sans étiquette politique lance une compétition basée sur l'image et l'humour en vue des élections municipales 2020.

par
Jérôme Faas
Les membres de l'association "J'y vis, j'y élis mes représentants dans ma commune" sont aussi bien de gauche que de droite, et ont des origines multiples.

Les membres de l'association "J'y vis, j'y élis mes représentants dans ma commune" sont aussi bien de gauche que de droite, et ont des origines multiples.

20 Minutes / jef

A Genève, les étrangers* ont obtenu le droit de vote au niveau communal en 2005. Ils en font pourtant peu usage. Ainsi, lors des précédentes élections municipales de 2015, alors que 41,5% des Suisses s'étaient exprimés, seuls 21,9% des Espagnols et 17% des Portugais s'étaient rendus aux urnes. Désireux de changer la donne pour le scrutin à venir, qui se tiendra le 15 mars et le 5 avril, quelques militants et politiciens de tous bords, réunis en association («j'y vis, j'y élis mes représentants dans ma commune») ont décidé de lancer un concours de vidéos humoristiques.

Un jury prestigieux

«Les capsules doivent faire de 30 à 90 secondes. Le thème, c'est bien sûr le droit de vote des étrangers. Le traitement doit être humoristique - et pas partisan. Le délai de dépôt est fixé au 24 février», expose Thomas Putallaz, président de «j'y vis, j'y élis...». C'est très court, mais c'est peut-être tant mieux, juge Alia Chaker Mangeat, vice-présidente. «Cela n'a pas besoin d'être très élaboré. Ça peut très bien être filmé au smartphone et être très spontané.» Ce qui n'empêche pas le sérieux de l'initiative: le jury sera présidé par Jean-Pierre Greff, le directeur de la haute école d'art et de design (HEAD), et intégrera aussi l'humoriste genevois Alexandre Kominek. Les prix s'élèveront à 300, 200 et 150 francs.

Résultat fin février

Avec ce concours, l'association espère mobiliser les étrangers, mais aussi les jeunes (autre population qui vote peu), susceptibles d'être attirés par le mode d'expression choisi, soit la vidéo. Les productions des humoristes «professionnels» du cru sont bien sûr les bienvenues, indique Omar Azzabi. «Pour beaucoup, les étrangers disent ne pas voter car ils ne sont pas intéressés à la politique ou estiment ne pas avoir une connaissance suffisante des candidats», explique Andrea Villanyi, vice-présidente. «J'y vis, j'y élis...» espère enclencher un cercle vertueux: les clips seront présentés le 28 février, durant une soirée organisée à la Maison des associations par l'Université populaire africaine et l'association Femmes et intégration, où les «candidats issus de la diversité», de tous bords confondus, seront invités à se présenter. Le but est sans prétention: faire connaître, tout simplement. «Les femmes africaines, je suis sûre que certaines ne savent même pas qu'il y a une élection», estime Bettymilca Kiemba.

De la Tunisie au Valais

L'association «j'y vis, j'y élis» se déclare apolitique. Son comité est constitué de huit membres issus de plusieurs partis (PDC, PS, Verts, PLR, Vert'libéraux) et de plusieurs origines (Tunisie, Hongrie, Portugal, Congo, Italie, Valais). Certains sont candidats aux élections, d'autres pas. Les vidéos seront diffusées, notamment, sur sa page Facebook, qui vise aussi à mettre en valeur les candidats issus des communautés étrangères, indépendamment de leur étiquette politique. «L'objectif, c'est qu'on ait un taux de participation plus important que les autres années mais aussi qu'on ait rigolé», résume Alia Chaker Mangeat.

*résidant dans le canton depuis au moins huit ans.

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