Fusée nord-coréenne: Condamnations internationales en cascade

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Fusée nord-coréenneCondamnations internationales en cascade

Malgré les mises en garde internationales, la Corée du Nord a lancé dimanche une fusée à longue portée qui a traversé l'espace aérien du Japon.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir d'urgence dimanche pour discuter des implications de ce tir.

Le lancement a été aussitôt condamné par les capitales occidentales, ainsi que par Séoul, Tokyo, l'Union europénne (UE)et l'OTAN. Le Japon a réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui devait avoir lieu à partir de 15h00 locales (21h00 suisses).

Le lancement d'une fusée par la Corée du Nord «défie les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et porte atteinte à la paix et à la stabilité en Asie du Nord est», estiment les Etats-Unis et l'UE dans une déclaration commune.

Echoué en mer?

Les autorités de Pyongyang ont affirmé que le tir, survenu à 2h29 GMT (4h29 suisses), de la fusée Unha-2 avait permis de placer en orbite un satellite de télécommunications Kwangmyongsong-2. L'engin aurait commencé à diffuser des chants révolutionnaires.

Ces affirmations ont été démenties par le commandement militaire américain et le ministre sud-coréen de la Défense. Selon Washington, le premier étage de la fusée s'est abîmé en mer du Japon et le reste de l'engin est tombé dans l'océan Pacifique. Aucun satellite n'aurait donc été placé en orbite.

Selon un responsable gouvernemental sud-coréen, il semblerait bel et bien que la mise en orbite a échoué. Lors de son précédent et premier tir, en juillet 2006, la fusée Taepodong-2 avait explosé 40 secondes après son décollage.

De nombreux spécialistes en Corée du Sud, au Japon et aux Etats-Unis jugent que ce lancement visait surtout à vérifier la fiabilité du missile nord-coréen à longue portée Taepodong-2. L'engin serait capable d'atteindre des objectifs situés dans un rayon de 6700 kilomètres, soit par exemple l'Alaska.

«Provocation»

A Prague, où il rencontrait les dirigeants de l'UE, le président américain Barack Obama a affirmé que le Conseil de sécurité de l'ONU devait adresser un message fort aux Nord-Coréens.

«Cette provocation souligne la nécessité d'agir non seulement cet après-midi au Conseil de sécurité, mais également dans notre détermination à prévenir la dissémination de ce type d'armes. Les règles doivent être contraignantes, les violations doivent être punies.»

Pour Washington, le tir nord-coréen viole la résolution 1718 du Conseil de sécurité, interdisant depuis 2006 à la Corée du Nord de mener des activités balistiques touchant aux missiles.

Le geste de Pyongyang justifierait également le développement des systèmes américains antimissiles, notamment le projet de bouclier en Pologne et en République tchèque, auquel Moscou est opposé.

La Chine et la Russie appellent au calme

Par la voix de la République tchèque qui en assure la présidence tournante, l'UE a, à l'instar de la Suisse, «fermement condamné» ce tir, qui «fait peser de nouvelles tensions sur la stabilité régionale.»

Berne a également engagé «instamment» Pyongyang à renoncer complètement à toutes les armes nucléaires et à tous les programmes nucléaires existants. La Suisse a aussi salué la décision du Conseil de sécurité de l'ONU de tenir dimanche une réunion d'urgence.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lui appelé Pyongyang à se conformer aux résolutions onusiennes.

Plus en retrait, la Chine et la Russie, deux des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont lancé à l'unisson des appels au calme et à la retenue à toutes les parties en présence.

(ats)

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