Génocide rwandais: Condamné à perpétuité, le cerveau du massacre fait appel
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Génocide rwandaisCondamné à perpétuité, le cerveau du massacre fait appel

Le colonel Théoneste Bagosora va faire appel de sa condamnation jeudi à la prison à vie pour son rôle central dans le génocide rwandais de 1994.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a condamné jeudi à Arusha (Tanzanie) à la réclusion à perpétuité Théoneste Bagosora, considéré comme l'architecte du génocide rwandais de 1994 qui a fait plus de 500'000 morts.

Bagosora a été reconnu coupable de génocide et crime contre l'humanité, chefs d'accusation pour lesquels il a plaidé non-coupable. Le TPIR, a précisé le juge Erik Moses, a établi que Bagosora, alors directeur de cabinet au ministère rwandais de la Défense, avait armé et organisé la milice Interahmwe, et ordonné le massacre de Tutsis et hutus modérés.

Bagosora a par ailleurs été reconnu responsable des décès de l'ancien Premier ministre rwandais Agathe Uwilingiyimana et de dix Casques bleus belges. Deux co-accusés, le colonel Anatole Nsengiyumva et le commandant Aloys Ntabakuze, ont également été reconnus coupables de génocide et condamné à la prison à vie. L'ancien chef des opérations militaires, le général de brigade Gratien Kabiligi a été de son côté acquitté.

Durant le procès, Théoneste Bagosora a nié les charges à son encontre. «Je conteste la thèse selon laquelle j'ai été l'ordonnateur des massacres. Je veux que la postérité connaisse la vérité sur le génocide de 1994», a-t-il dit, estimant que l'accusation cherchait à «salir» son nom.

Le colonel Bagosora avait pris le contrôle de facto de l'armée et des affaires politiques du régime extrémiste hutu après l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, dont l'avion a été abattu alors qu'il allait se poser à Kigali, le 6 avril 1994. Un attentat qui donna le départ du génocide, lequel prit fin avec l'entrée en juillet dans la capitale des forces de la rébellion tutsie. Bagosora resta aux commandes jusque là.

Le procès s'était ouvert en avril 2002. Le TPIR, mis en place en 1997, a jusqu'à ce jour condamné 25 personnes. Soixante-trois suspects sont actuellement emprisonnés sous sa garde et 25 en cours de jugement. (ats)

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