Actualisé 09.02.2017 à 20:42

Bâle-VilleCondamné, le «gyrophare de Bâle» devra casquer

Un policier a été jugé mercredi par la justice rhénane pour avoir giclé du spray au poivre au visage d'un homme déjà menotté. Outre une peine pécuniaire avec sursis, il devra verser 8000 fr. à la victime.

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Un policier bâlois comparaît depuis lundi (6 février 2017) devant le Tribunal pénal rhénan.

Un policier bâlois comparaît depuis lundi (6 février 2017) devant le Tribunal pénal rhénan.

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L'agent est accusé d'avoir giclé du spray au poivre au visage d'un homme déjà menotté après une fête qui s'était tenue en ville en 2012.

L'agent est accusé d'avoir giclé du spray au poivre au visage d'un homme déjà menotté après une fête qui s'était tenue en ville en 2012.

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Le 23 août 2014, il se serait également disputé avec deux videurs du bar Rouge.

Le 23 août 2014, il se serait également disputé avec deux videurs du bar Rouge.

KEYSTONE/Martin Ruetschi

Avec le jugement prononcé mercredi par le Tribunal pénal de Bâle-Ville, l'avenir professionnel d'un agent de la police cantonale risque d'être compromis. L'homme de 47 ans avait fait les gros titres de la presse pour avoir affirmé: «Je suis le gyrophare de Bâle. Je vais vous montrer qui je suis.» Il vient désormais d'écoper d'une peine pécuniaire avec sursis de 135 jours-amende à 135 francs pour une affaire remontant au 3 juin 2012, rapporte jeudi la «Basler Zeitung».

Ce soir là, l'accusé et d'autres agents avaient interpellé un groupe de jeunes qui s'éloignaient d'une fête illégale. Le quadragénaire avait alors giclé du spray au poivre au visage de l'un des hommes alors que celui-ci était déjà installé dans la voiture de police, les mains menottées derrière son dos.

Manière de faire «pas professionnelle»

Selon la Cour, l'agent a indéniablement abusé de sa position en blessant une personne se trouvant dans une situation vulnérable. De manière générale, le tribunal a aussi qualifié l'attitude du prévenu de «non professionnelle». Le «gyrophare de Bâle» devra verser 8000 francs en guise de dédommagement à sa victime. Une somme anormalement élevée dans le cadre d'un tel procès, rappelle le quotidien alémanique.

La justice a néanmoins innocenté le policier en ce qui concerne les faits survenus en août 2014. On lui reprochait notamment de s'être comporté de manière inadéquate dans un bar de la ville avant de se faire mettre à la porte. Le Ministère public avait porté plainte contre lui pour abus de fonction. Il était accusé d'avoir profité de son statut de policier pour accéder aux données personnelles des videurs et d'avoir porté son uniforme pour intimider le patron de ces derniers.

10'000 francs de frais de justice

La Cour l'a acquitté de ces points par manque de preuve. Mener son enquête personnelle ne suffit pas pour être condamné pour abus de fonction, a-t-elle par ailleurs précisé. Pour cela, rappelle le tribunal, il aurait dû exercer une pression et empiéter sur les droits fondamentaux des individus impliqués. La justice a néanmoins rappelé que le prévenu avait clairement transgressé ses compétences, mais que cela n'a pas d'importance au niveau pénal.

Le policer condamné devra s'acquitter des frais de justice se montant à près de 10'000 francs. On ignore encore s'il fera recours contre son jugement. Quant à Martin Schütz, porte-parole du Département bâlois de la justice et de la sécurité, il ne souhaite pas s'exprimer sur le sort professionnel de l'agent tant que le jugement ne sera pas entré en force.

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