Actualisé 10.01.2017 à 14:22

VaudCondamné pour viol après une relation sans capote

Un homme n'a pas mis de préservatif alors que sa partenaire l'avait exigé. Il vient d'écoper de 12 mois avec sursis.

par
Christian Humbert

«Un plan cul entre adultes consentants avec accident de préservatif»: pour l'avocat d'un Français de 47 ans, «il n'y a rien de pénal» à ce qu'a fait son client. Ce dernier était jugé hier devant le Tribunal correctionnel de Lausanne pour une relation sexuelle non protégée, en juin 2015.

Après un «match» sur Tinder, puis un premier verre dans un lieu public, les deux quadragénaires se sont vus chez Madame. Ils ont commencé leur coït avec une capote, puis Monsieur l'a enlevée pour une fellation sans protection. Refus de la Suissesse. Il l'a alors pénétrée de nouveau, en lui ­tenant les bras. Elle ne s'est rendu compte qu'à la fin qu'il ne s'était pas protégé. «T'inquiète, je me contrôle», a-t-il tenté de la rassurer, avec pour seul souci qu'elle ne tombe pas enceinte.

Quatre mois d'enfer

Dès la fin de l'acte, la quadra, très inquiète, lui a demandé de faire un test. Une exigence qu'elle a réitérée plusieurs fois. En vain: le Français n'a plus donné de nouvelles. La femme a alors vécu quatre mois d'enfer: lourd traitement préventif contre le VIH et longue attente du résultat.

Pour la procureure, il s'agit d'un acte sexuel sur une personne incapable de résistance. Elle l'a comparé à une relation anale non désirée lors d'une partie de jambes en l'air consentie. Monsieur a donné une première version: «J'ai mis un préservatif. Il s'est déchiré sans que je ne m'en rende compte.» Il a ensuite reconnu, du bout des lèvres: «J'ai oublié d'en mettre un.» Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis.

Une première dans les tribunaux suisses

Une relation sans préservatif alors que l'usage de cette protection a été prévu entre les partenaires est un viol. Pour le président de la Cour, si la plaignante s'était rendu compte que l'homme avait enlevé la capote, elle aurait refusé l'acte. Les juges retiennent aussi que l'homme a affirmé tout et son contraire. Il a fait une «impression lamentable» aux débats et ne s'est «préoccupé que de lui-même». Une telle condamnation est une première en Suisse.

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