Condamnée à six ans de prison pour avoir tué son mari
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Condamnée à six ans de prison pour avoir tué son mari

La Cour d'assises de Genève a condamné mercredi à six ans de réclusion une femme russe qui avait tué son mari à coups de couteau en décembre 2003 dans leur luxueuse villa de Cologny (GE).

La femme devra aussi poursuivre son traitement psychiatrique.

«Notre cliente devrait pouvoir sortir de prison pour Noël», se sont félicités ses avocats Robert Assaël et Jacques Barillon. Elle a en effet purgé quasiment quatre ans de prison préventive, soit les deux tiers de la peine prononcée. Au bout de ce laps de temps, il est possible de faire une demande de remise en liberté conditionnelle, qui devrait lui être accordée dans son cas.

Tant la défense que le Parquet, qui avait requis sept ans, ont exprimé leur satisfaction à l'énoncé du verdict. La peine tient compte de la responsabilité restreinte de l'accusée, de son repentir, du faible risque de récidive et des circonstances particulières du meurtre. «Nous saluons l'humanité de la cour, qui a voulu lui tendre la main», a commenté Me Assaël.

Abandonnée et trompée

Abandonnée par son mari qui la trompait et refusait le divorce, la victime souffrait d'une profonde dépression au moment des faits. Un soir de décembre 2003, pour le forcer à avoir une discussion, elle avait dissout des somnifères dans la tisane de son mari, l'avait attaché au canapé du salon puis réveillé avec un spray de gaz lacrymogène.

Une violente dispute avait éclaté et l'accusée avait fini par tuer son époux, un riche avocat russe, d'une quarantaine de coups de couteau. Elle avait ensuite recouvert le cadavre avec des couvertures et erré durant deux jours dans la maison, sous l'emprise de l'alcool et des médicaments.

En dehors de cet épisode, où elle n'était pas en possession de toutes ses facultés, elle a été décrite au cours du procès comme une femme de coeur et une mère aimante, «un véritable don de soi», selon les mots de Me Assaël. Elle s'est notamment dévouée à ses deux fils, qui ont souffert de problèmes de toxicomanie.

Procès émotionnel

L'accusée a versé des réparations pour tort moral à la soeur de son mari et à sa jeune maîtresse moscovite qui lui avait donné un fils. Dès lors, le procès a eu lieu sans partie civile. «Cela ne correspond plus à aucune nécessité de la laisser en prison», a plaidé Me Barillon. «Il faut sauver ce qui peut l'être encore en la rendant à sa famille.»

Au sortir de la cour, les deux avocats ont relevé la très forte charge émotionnelle du procès. «Cette femme n'était plus accrochée à la vie que par un fil», a témoigné Me Assaël, qui confesse avoir eu les larmes aux yeux. Devant le jury, les deux hommes de loi se sont engagés à suivre les premiers pas de leur cliente dans la vie libre.

Pour reconstruire sa vie, elle compte se rendre dans une clinique vaudoise où elle sera suivie sur le plan psychiatrique. Un séjour qui devrait lui servir de phase de transition entre la prison et le retour dans son propre domicile. Elle va aussi continuer à s'adonner à l'art thérapie. En prison, elle s'absorbe plusieurs heures par jour dans la poterie.

(ats)

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