Condoleezza Rice fait état d'une convergence de vues entre Washington et Paris
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Condoleezza Rice fait état d'une convergence de vues entre Washington et Paris

Les Etats-Unis et la France sont d'accord sur les moyens de presser l'Iran de renoncer à ses ambitions nucléaires, a souligné vendredi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice lors d'une conférence de presse avec Bernard Kouchner, au second jour de la visite du chef de la diplomatie française à Washington.

Si tous deux sont convenus de l'existence d'»excellentes» relations entre Paris et Washington, Mme Rice estimant que les deux pays allaient être en mesure de faire ensemble «beaucoup, beaucoup de choses», M. Kouchner a tenu à souligner que des divergences demeuraient. «Avoir de bonnes relations ne signifie pas que nous sommes en accord complet, tous les jours, partout», a-t-il dit.

Sur le dossier nucléaire iranien, la ligne plus dure adoptée par les autorités françaises a néanmoins rapproché Paris de l'administration Bush. Mme Rice et son homologue français ont ainsi évoqué devant les journalistes la nécessité de prendre de nouvelles sanctions contre Téhéran.

«Je pense qu'il n'y a, essentiellement, pas de différence dans la façon dont nous voyons la situation en Iran et sur ce que la communauté internationale doit faire», a souligné Condoleezza Rice, alors que le président français Nicolas Sarkozy avait souhaité jeudi soir à Paris des «sanctions plus fortes» contre l'Iran «si les sanctions actuelles ne sont pas suffisantes», tout en soulignant que ce n'était «pas exclusif d'un dialogue avec les Iraniens» et que la France ne voulait «pas la guerre».

Interrogée sur le type de sanctions que les Etats-Unis souhaiteraient voir approuver par le Conseil de sécurité de l'ONU, la secrétaire d'Etat américaine est demeurée vague. «Nous avons exploré et avons usé de divers gels d'avoirs d'individus. Nous avons eu recours à des interdictions de visas», a-t-elle précisé. «Je pense qu'il y a» plusieurs «manières de pouvoir accroître ces efforts».

Bernard Kouchner a également évoqué le récent appel de Paris à des sanctions de l'Union européenne contre Téhéran. Il a expliqué que les pays européens s'entretenaient de sanctions qui viseraient les intérêts bancaires et industriels en Iran.

Lors d'un discours la veille, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré que Paris considérait un Iran doté de l'arme nucléaire comme une menace à la sécurité mondiale. «A ceux qui disent que nous devrions traiter l'Iran avec des gants, puisque cela pourrait déstabiliser la région, je dis ceci: regardez son aventurisme aujourd'hui, et imaginez ce que ce serait si Téhéran se pensait un jour protégé par un parapluie nucléaire», avait lancé M. Kouchner. Quelques jours après avoir jugé que le monde devait se préparer au «pire», c'est-à-dire une guerre, si l'Iran parvenait à disposer de l'arme nucléaire, il avait tenté jeudi de clarifier ses propos, estimant que la communauté internationale devait se montrer ferme à l'égard de Téhéran, tout en privilégiant la recherche d'une solution diplomatique.

Outre l'Iran, Condoleezza Rice a précisé vendredi à la presse qu'elle s'était entretenue avec le chef de la diplomatie française des efforts de paix au Proche-Orient, du Kosovo, de l'Afghanistan et du Liban. Aux côtés de la secrétaire d'Etat américaine, Bernard Kouchner a lu une déclaration conjointe condamnant l'assassinat du député libanais anti-syrien Antoine Ghanem, tué dans un puissant attentat à la bombe mercredi. «Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la volonté des assassins de perturber la vie constitutionnelle du Liban, de priver le peuple libanais et les communautés de leurs droits politiques dans le cadre d'un Liban uni, souverain et démocratique», a souligné le ministre français, qui a rencontré lors de sa visite à Washington des parlementaires américains ainsi que le secrétaire à la Défense Robert Gates, et le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley. (ap)

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