Zurich – Conducteurs de trams priés de vérifier qu’il n’y a pas de mort à bord

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ZurichConducteurs de trams priés de vérifier qu’il n’y a pas de mort à bord

Une personne décédée avait voyagé sept heures dans un tram sans que personne ne le remarque. Désormais, les contrôles de la part du personnel vont être renforcés.

C’est dans une composition de la ligne 2 qu’un sexagénaire sans vie avait voyagé longtemps sans que personne ne remarque son décès.

C’est dans une composition de la ligne 2 qu’un sexagénaire sans vie avait voyagé longtemps sans que personne ne remarque son décès.

20min/Marco Zangger

Le 21 juin dernier, personne n’avait remarqué que P. s’était effondré sur son siège, victime d’une insuffisance cardiaque aiguë, peu après être monté dans le tram 2 à l’arrêt Micafil. Durant près de sept heures, cet homme de 64 ans a sillonné Zurich alors qu’il était mort.

Aujourd’hui encore, son fils a du mal à accepter ce qui s’est passé. «Je sais que mon père n’aurait pas pu être sauvé. Malgré tout, je suis triste que personne n’ait attiré l’attention sur sa situation plus tôt.» Des documents, auxquels le fils a eu accès, lui ont apporté des détails sur le drame.

Selon ce dernier, les images de vidéosurveillance indiquent notamment que l’un des deux conducteurs de tram est passé plusieurs fois devant la fenêtre où se trouvait son père, sans réagir. Le rapport de police mentionne aussi que, à un terminus, le premier conducteur s’est déplacé à l’intérieur de la première voiture avant de ne jeter qu’un coup d’œil dans la seconde, où se trouvait la victime. Quant au deuxième, dont le service commençait à 11 heures, il a omis de faire une ronde de contrôle. Ce n’est qu’après 13 heures qu’une passagère a remarqué le cadavre de l’infortuné et a informé le chauffeur. Pour cette raison, le fils de P. demande que davantage de rondes de contrôle soient effectuées.

Des mesures prises

Selon la compagnie des trams zurichois (VBZ), il n’existe pas de règlement ou de prescription pour des rondes de contrôle. Le personnel de conduite doit se concentrer en priorité sur le trafic et il peut profiter de la pause aux terminus pour se reposer. «Pour l’année 2022, une ronde de contrôle figure désormais parmi les objectifs de sécurité que les collaborateurs devront appliquer», explique le porte-parole des VBZ, Tobias Wälti, qui ajoute que la compagnie et le personnel regrettent vivement le drame de juin.

Des procédures appliquées dans d’autres compagnies

«À Lausanne, les TL ont déjà vécu des situations où un voyageur a trouvé la mort alors qu’il était à bord, confie la porte-parole. Mais ceci reste toutefois très exceptionnel.» Elle indique que, après une prise de service – un tournus a lieu après quatre heures environ – une fois au terminus, le conducteur fait un tour du véhicule et répète cela régulièrement; aussi pour enlever les plus gros déchets. Enfin, s’il y a un conflit de personnes ou un décès de client, le conducteur ou la conductrice avertit le poste de commande qui lui envoie les services adaptés. Par ailleurs, ce sont souvent les autres voyageurs qui sont les meilleurs alerteurs de situations difficiles.

Les CFF confirment n’avoir pas eu de cas du genre de celui de Zurich. «Notre personnel est formé à appeler les secours en cas d’urgence médicale et le train s’arrête à la prochaine gare, de sorte de permettre aux secours d’intervenir rapidement.»

Aux TPG, on confirme avoir été aussi «confrontés à des «situations particulières» dans nos véhicules. L’intervention de notre personnel ou de notre clientèle s’est faite à chaque fois, à notre connaissance, quelques minutes après les faits. Des personnes ont d’ailleurs pu être sauvées grâce aux massages cardiaques prodigués par nos conducteurs ou nos conductrices jusqu’à l’arrivée des secours. De manière plus générale, nous disposons aux TPG d’une procédure déterminée. Notre personnel doit à chaque terminus faire un tour complet à l’intérieur et à l’extérieur du véhicule en service, dans la mesure où le temps de battement le permet.»

(mon/jbm)

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