Limite d'âge: Conduire un bus à 18 ans: une idée très contestée
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Limite d'âgeConduire un bus à 18 ans: une idée très contestée

Les jeunes seraient démotivés de devoir attendre 21 ans avant d'être chauffeur. Un élu veut abaisser la limite.

par
Antonino Galofaro

La Suisse manque de chauffeurs de bus, selon le socialiste Didier Berberat, conseiller aux Etats neuchâtelois. Qui a proposé, mardi au Parlement, la création d'un CFC de conduite des bus publics et l'abaissement de l'âge des chauffeurs à 18 ans, au lieu de 21 actuellement. «Un certificat créerait des vocations, car les jeunes ne s'orientent plus forcément vers cette profession.»

La pénurie est telle outre-Sarine que des régies choisissent de recruter à l'étranger (lire l'Info-Box). La situation en Suisse romande, encore critique il y a peu, s'est améliorée. «Nous avons engagé cent chauffeurs rien qu'en 2008», affirme Isabel Pereira, des Transports publics genevois (TPG). Même constat à Neuchâtel: seuls cinq employés supplémentaires devront être trouvés en 2010.

La société CarPostal est intéressée par l'idée d'abaisser l'âge minimum à 18 ans. Ses «difficultés à trouver des conducteurs» seraient résolues, selon André Burri, de la direction. Mais au sein des transports publics, on est unanime: à 18 ans, un chauffeur n'a pas assez d'expérience. A Zurich, on fixe même le plancher à 23 ans. C'est le Conseil fédéral qui tranchera, en mars 2010.

Auriez-vous confiance si le chauffeur de bus était âgé de 18 ans?

«Ce serait bizarre. On a plus l'habitude de voir des adultes, avec plus d'expérience, qui conduisent.»

Fabien, 19 ans, Palézieux

«Ça choque, parce que ça fait jeune. Mais en même temps, on peut conduire une voiture dès 18 ans.»

Mélanie, 18 ans, Boussens

«Du moment qu'il a passé son permis, c'est qu'il a les compétences pour conduire aussi un bus.»

Rui, 17 ans, Ecublens

«Je n'imaginerais pas mes amis de 18 ans conduire un bus. Il faudrait au moins un an d'expérience.»

Chloé, 18 ans, Vufflens-la-Ville

Zurich recrute en Allemagne

«A cause du manque de chauffeurs, les transports publics engagent à l’étranger», confie Didier Berberat. C’est le cas en Suisse alémanique. Les Transports publics zurichois (VBZ) ont organisé ce printemps deux jours d’information à Dresde et à Leipzig, en Allemagne. Daniela Tobler, porte-parole des VBZ, précise que cette démarche active de recherche à l’étranger est une première pour l’entreprise. Cette pratique n’a cependant pas encore atteint la Suisse romande.

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