Conférence internationale sur l'Irak en Suède
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Conférence internationale sur l'Irak en Suède

Une centaine de délégations sont attendues à Stockholm, afin d'évaluer la situation en Irak.

Un an après le lancement d'un plan quinquennal destiné à ramener paix, prospérité et réconciliation politique en Irak, la conférence internationale qui s'ouvre jeudi en Suède devrait faire état d'avancées significatives tout en réclamant des efforts accrus pour promouvoir la réconciliation nationale et l'allégement de la dette irakienne, selon les Nations unies.

Ibrahim Gambari, l'émissaire de l'ONU auprès du groupe «Iraq Compact», initialement lancé en mai 2007 pour créer un partenariat permanent entre l'Irak et la communauté internationale, indique que la réunion d'Upplands Vasby fera le bilan des réalisations concrètes des Irakiens et de la communauté internationale conformément aux engagements pris pour aider à la stabilisation du pays.

La réunion servira à réaffirmer ces engagements et devrait déboucher sur l'adoption d'une déclaration «qui indiquera les domaines où des progrès sont constatés et ceux qui nécessitent de plus amples efforts des deux côtés», a-t-il dit lors d'un entretien avant de s'envoler pour la Suède.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui co-présidera la conférence avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, rappellera que la communauté internationale «reste déterminée à faire tout ce qu'elle peut pour soutenir le peuple et le gouvernement d'Irak», a déclaré mercredi la porte-parole adjointe de l'ONU Marie Okabe.

Quelque 500 délégués de plus de 90 pays doivent assister à la conférence, dont la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le ministre des affaires étrangères iranien Manouchehr Mottaki et plus d'une vingtaine d'autres ministres.

Sur le front économique, l'Irak compte sur une croissance de 8% par an les deux prochaines années, a indiqué Ibrahim Gambari.

«En ce qui concerne la sécurité, le niveau de violence a baissé dans la plupart des régions du pays même si la situation en général demeure précaire», a-t-il ajouté, observant que de plus amples efforts doivent être fournis pour parvenir à une réconciliation entre Irakiens chiites, sunnites et kurdes.

Du côté de la communauté internationale, l'accent doit être mis sur l'allégement de la dette, a estimé M. Gambari.

L'Irak a une dette étrangère d'au moins 67 milliards de dollars (42,8 milliards d'euros) vis à vis notamment des pays arabes dont l'Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis et le Qatar.

«Nous avons beaucoup d'engagements sur l'allégement de la dette, à hauteur de 26 milliards de dollars concernant notamment les pays d'Europe occidentale, la Russie, la Chine», a précisé M. Gambari, «mais nous devons en faire davantage pour convaincre les Etats du Golfe de s'engager à réduire la dette, surtout l'Arabie saoudite et le Koweït».

«L'Irak réclame la réouverture d'ambassades sur son territoire et l'annulation de la dette», a confirmé mercredi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à son arrivée à Stockholm. Le ministre des Finances Bayan Jabr a précisé que cette demande s'adressait tout particulièrement aux pays arabes.

Pour sa part, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a mis l'accent sur les efforts à faire en matière de corruption. «C'est la prochaine étape», a-t-elle dit. «Il ne s'agit pas seulement de favoriser la performance économique et la réconciliation politique, mais de réellement commencer à instaurer le règne de la loi ainsi qu'un environnement dans lequel les Irakiens pourront espérer attirer les investissements étrangers», a-t-elle expliqué.

(ap)

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