Conférence saoudienne sur le dialogue interreligieux à Madrid
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Conférence saoudienne sur le dialogue interreligieux à Madrid

Une conférence sur le dialogue interreligieux parrainée par l'Arabie saoudite s'ouvre mercredi pour trois jours à Madrid en Espagne

Des représentants du judaïsme, de l'islam, du christianisme, de l'hindouisme ou encore du bouddhisme seront présents.

La conférence, qui suscite espoir mais aussi scepticisme, est un projet du roi Abdallah d'Arabie saoudite et vise à repositionner la riche monarchie pétrolière en une force modératrice sur la scène du Moyen-Orient. «Avoir un dialogue, simplement commencer à se parler est en soi une réussite», estime l'ambassadeur saoudien en Espagne Saoud Bin Naif Bin Abdulaziz Al-Saoud. «A ce stade, le monde entier a besoin» de se parler. «C'est ce que nous espérons pouvoir faire.»

Riyad présente la conférence comme une initiative strictement religieuse, mais elle a toutefois des implications politiques, résultant d'une initiative d'un poids-lourd du Moyen-Orient qui n'a pas de relations diplomatiques avec Israël.

Le roi Abdallah a récemment tendu la main à des dignitaires d'autres religions. En novembre, il a rencontré le pape Benoît XVI, une première entre un souverain pontife et un roi saoudien régnant. Lors d'une réunion à La Mecque en juin, il a appelé les musulmans à se détourner des dangers de l'extrémisme et à présenter le «message positif» de l'islam au monde.

Ses efforts ont généralement été salués en Israël, par la communauté juive et dans le monde arabe. «La conférence fournit une occasion rare de renforcer le respect mutuel entre les fidèles des trois religions principales», souligne Mgr. Nabil Haddad, chef de la communauté catholique Melkite en Jordanie, qui doit assister à la réunion.

Mais pour certaines voix critiques, les Saoudiens ne sont pas les mieux placés pour organiser une conférence sur la tolérance religieuse. Le royaume saoudien observe une forme ultraconservatrice de l'islam sunnite, le wahhabisme. Et les liens entre l'Arabie et les musulmans chiites ont parfois été tendus. Seul un délégué de l'Iran, à majorité chiite, a été invité à la conférence et il n'était pas sûr qu'il assiste à la réunion.

Une des têtes d'affiche de la conférence est David Rosen, un éminent rabbin israélien qui a également la nationalité américaine. Reste qu'il est présenté sur la liste des participants non comme un citoyen israélien mais comme un ressortissant des Etats-Unis.

«En fait, il est invité en tant qu'étranger pas en tant qu'Israélien», précise Arye Mekel, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dans un entretien à l'Associated Press. «Si (les Saoudiens) avaient vraiment voulu donner de l'importance à cette réunion, ils auraient dû inviter de vrais rabbins israéliens.»

Mais M. Rosen, directeur des relations interreligieuses pour le Comité juif américain, estime que la décision saoudienne d'inviter un rabbin originaire d'Israël est un «pas historique» pour Riyad. AP

lma/v523 (ap)

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