Genève - Conflit à Swissport: plainte déposée auprès de l’Etat
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GenèveConflit à Swissport: plainte déposée auprès de l’Etat

Un syndicat estime que l’entreprise d’assistance au sol viole la loi sur le travail. D’autres organisations de défense des employés se désolidarisent de la démarche.

Manifestation des employés de Swissport à Genève Aéroport, le 12 janvier 2021.

Manifestation des employés de Swissport à Genève Aéroport, le 12 janvier 2021.

dra

Alors que le personnel et la direction de Swissport s’écharpent depuis des mois, Avenir Syndical a annoncé mardi le dépôt d’une plainte auprès de l’Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT). En ne comptabilisant pas comme temps de travail les minutes que les employés passent à s’équiper et à franchir les portiques de sécurité, le dernier-né des syndicats genevois estime que l’entreprise d’assistance au sol viole la loi sur le travail. Ainsi, la direction «vole en moyenne une demi-heure par jour à son personnel», assure Avenir Syndical.

Contrats critiqués

La crise chez Swissport s’est amplifiée l’hiver dernier. Des dizaines de collaborateurs ont dénoncé des propositions de contrats «bas de gamme», qui impliquaient jusqu’à 1200 francs de baisse de salaire par mois, moins de vacances, et des heures de travail en plus. Les négociations avec la direction, notamment sous les auspices du Canton de Genève, n’ont pas abouti.

Bisbille entre syndicats

Sur le terrain depuis le début du conflit, le Syndicat du personnel des transports (SEV) et celui de services publics (SSP) n’ont pas voulu s’associer à la démarche d’Avenir Syndical (ndlr: pour rappel, ce dernier a été mis au ban par ses pairs, qui l’accusent de «complaisance» avec le sexisme). Le refus de comptabiliser le temps d’habillage et de passage aux portiques a déjà été dénoncé par le passé, ont relevé les deux organisations syndicales. «C’est compliqué car cela dépend des services au sein de l’entreprise, et il est difficile d’aboutir à un résultat», indique Jamshid Pouranpir, du SSP.

Celui-ci estime par ailleurs que la médiatisation par Avenir Syndical d’un dépôt de plainte «pourrait se révéler contreproductive, car elle met la pression sur le Canton alors même qu’un rendez-vous a été fixé au 8 juillet avec la conseillère d’Etat Fabienne Fischer, chargée de l'économie et de l'emploi». Selon Jamshid Pouranpir, «Avenir Syndical agit ainsi car il est en mal de notoriété».

(dra)

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