Actualisé 03.12.2019 à 15:29

VaudCongé paternité combattu par des signatures volées

Des démarcheurs font signer le référendum sur la base d'arguments mensongers. Le comité dit ignorer tout de l'affaire.

de
Pauline Rumpf
Le délai référendaire au sujet du congé paternité court jusqu'en janvier 2020.

Le délai référendaire au sujet du congé paternité court jusqu'en janvier 2020.

Keystone

«Signez si voulez un congé paternité, ou choisir entre 2 et 4 semaines» «Le projet n'est pas financé par les travailleurs» - ce florilège nous est remonté de plusieurs citoyens abordés dans la rue, à Lausanne et Vevey, pour signer le référendum contre le congé paternité. Votée par le Parlement, la loi prévoit pourtant bien deux semaines financées par les APG, à parts égales entre employés et employeurs.

Selon nos témoins, ces démarcheurs n'étaient pas des militants mais des travailleurs peu renseignés. «Celui qui m'a abordé croyait vraiment récolter des paraphes en faveur du congé paternité!», s'inquiète une Lausannoise. «Quand j'ai dit que c'était faux, une dame à côté de moi a tracé sa signature car elle avait été induite en erreur», ajoute un Lausannois.

Militants ou travailleurs de la signature ?

A l'origine du référendum, un comité composé notamment de l'UDC Suisse indique ne pas avoir mandaté d'entreprise, même si aucune section romande ne s'est publiquement engagée dans la campagne. «En démocratie directe, il est probablement juste que nous puissions voter sur toutes les questions importantes. C'est aux associations, partis et militants de choisir leurs arguments», répond Susanne Brunner, co-présidente du comité, qui reste sceptique face à ces accusations.

Et si tous les doigts pointent vers l'association Incop, habituée des récoltes contre rémunération, celle-ci n'a pas souhaité répondre à nos questions. Elle a pourtant déjà été épinglée pour des faits similaires.

Pas une première

Un cas similaire a été signalé ce printemps, lors de la récolte concernant la pénalisation de l'homophobie. Initiateur de la loi visée par le référendum, Mathias Reynard (PS/VS) avait lui-même filmé des démarcheurs utilisant des arguments mensongers. Plusieurs citoyens pourtant bien informés ont d'ailleurs annoncé avoir été dupes. Mathias Reynard avait alors appelé ces gens à retirer leurs signatures, et le partenariat entre l'UDF et Incop avait été rompu.

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