Conseil fédéral: cinq personnes ont jusqu'ici refusé leur élection
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Conseil fédéral: cinq personnes ont jusqu'ici refusé leur élection

Ne pas vouloir siéger au Conseil fédéral après avoir été choisi par le Parlement est un fait rare. Seules cinq personnes ont jusqu'ici refusé leur élection.

Le dernier cas remonte à 1993 lorsque Francis Matthey a dû céder sa place à une femme.

Le Neuchâtelois, qui s'était porté candidat à la succession de René Felber, n'avait pas été retenu par le groupe socialiste, rangé derrière la Genevoise Christiane Brunner. Or, le jour de l'élection, Francis Matthey l'emporte grâce aux voix bourgeoises.

Pressé par son parti, il demande un délai de réflexion et annonce une semaine plus tard qu'il doit renoncer à son élection. Au final, la Genevoise Ruth Dreifuss accède au Conseil fédéral.

Premier cas en 1855

Le premier cas de refus date de 1855. Le Lucernois Kasimir Pfyffer se présente pour succéder au Soleurois Josef Munziger. Mais n'obtenant pas la majorité absolue des voix au premier tour de scrutin, il se retire de la course.

Au quatrième tour, le lendemain, le Bâlois Johann Jakob Stehlin l'emporte. Il refuse son élection un jour plus tard estimant avoir ni les connaissances ni l'expérience nécessaires pour assumer la tâche de conseiller fédéral. Le lendemain, le Lucernois Josef Martin Knüsel accède au gouvernement.

Ce dernier se retire en 1875 avec trois autres ministres: le Vaudois Paul Ceresole, le St-Gallois Wilhelm Matthias Näff et le Neuchâtelois Eugène Borel. Les élections sont très disputées, les radicaux n'arrivant pas à s'entendre sur leurs candidats.

Longue attente

Le 10 décembre, le Vaudois Louis Ruchonnet est élu pour succéder à Paul Ceresole, mais il refuse. Le Glaronais Joachim Heer et le Thurgovien Fridolin Anderwert sont choisis pour remplacer MM. Knüsel et Näff. Quant au siège laissé libre par Eugène Borel, le Parlement se tourne vers le Soleurois Berhard Hammer qu'il préfère au Neuchâtelois Numa Droz.

Le 18 décembre, les Chambres doivent encore repourvoir le fauteuil de Paul Ceresole que Louis Ruchonnet a refusé. Au premier tour, le Vaudois Charles Estoppey est élu contre Numa Droz. Mais il refuse immédiatement son élection. Numa Droz est élu en deuxième tour.

Détail piquant: Louis Ruchonnet est finalement devenu conseiller fédéral. Après le suicide de Fridolin Anderwert à Noël, les Chambres élisent le 22 février 1881 le Saint-Gallois Karl Hoffmann pour le remplacer. L'intéressé refuse et, le 3 mars, Louis Ruchonnet, pressé d'accepter, accède au gouvernement. Le fils de Karl Hoffmann, Arthur, sera quant à lui élu conseiller fédéral en 1911. (ats)

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