Actualisé 24.11.2009 à 10:59

Scandale des matches truquésConstantin joue à l'espion pour lutter contre la triche

Ecoutes, détectives et contrôle des voitures du club: le boss du FC Sion ne néglige rien pour lutter contre la manipulation de ses joueurs.

de
Côme Gallet

«Aujourd'hui, un match amical joué devant 50 personnes peut faire gagner 150 000 euros à un parieur à Macao.» Christian Constantin fait référence à la rencontre de présaison gagnée, trop facilement, par son équipe contre les Bosniaques du NK Travnik. Pourtant, le président du FC Sion n'a pas attendu le scandale des paris arrangé pour surveiller ses joueurs. En 1994, à la veille d'un match contre l'OM, il fait placer son attaquant brésilien, Roberto Assis, sur écoute téléphonique. Le résultat est net: le joueur reçoit 40 appels d'un dirigeant marseillais!

Christian Constantin dit avoir toujours agi légalement. «Quand je demande une mise sur écoute à un juge, c'est que j'ai de réels soupçons.» Au milieu des années 1990, le club a eu recours à un détective pour surveiller Steffen Karl. Le joueur allemand commet des irrégularités et se retrouve transféré. En 2005, il est impliqué dans un scandale de corruption.

Le président du FC Sion ne dit pas s'il pratique encore cette surveillance. Mais, il affirme quand même être certain que la Super League n'est pas touchée. Le boss revendique aussi le droit à la «traçabilité» de ses joueurs «par le contrôle kilométrique des voitures qu'on leur prête, mais aussi par des informations glanées grâce à mes relations».

Interrogé, Jean-Marie Bornet, chef de l'information de la police valaisanne, dément ces allégations. «Ce seraient des pratiques digne d'une police politique.»

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