Israël: Construction d'écoles sans ouvriers arabes
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IsraëlConstruction d'écoles sans ouvriers arabes

Le maire d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, a décidé de bannir provisoirement les ouvriers arabes des chantiers dans les écoles maternelles pour des raisons de sécurité.

Itamar Shimoni invoque des raisons de «sécurité» après l'attentat meurtrier de mardi dans une synagogue à Jérusalem.

Itamar Shimoni invoque des raisons de «sécurité» après l'attentat meurtrier de mardi dans une synagogue à Jérusalem.

«Dans les écoles dans lesquelles des travailleurs arabes construisent actuellement des abris, les travaux seront suspendus» jusqu'à nouvel ordre, a indiqué mercredi soir Itamar Shimoni sur sa page Facebook, en faisant référence aux abris protégeant la population contre les tirs de roquettes ou de mortiers.

«Bien que le déploiement de gardes de sécurité soit de la responsabilité du ministère de la Sécurité intérieure, j'ai décidé de placer à partir de demain (ndlr: jeudi) matin des gardes armés près de toutes les écoles maternelles adjacentes à des chantiers sur lesquels travaillent des ouvriers arabes», a-t-il ajouté.

Pas de place pour la discrimination

Le déploiement des gardes de sécurité sera financé par un donateur privé, précise le maire de cette ville méditerranéenne de 110'000 habitants, située tout près de la bande de Gaza. Dans l'Etat hébreu, de nombreux ouvriers proviennent de la communauté arabe du pays, qui représente environ 20% de la population israélienne.

La décision du maire d'Ashkelon a été critiquée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. «La discrimination envers les Arabes israéliens n'a pas sa place en Israël», a-t-il dit. «Une communauté ne doit pas être mise en cause dans son ensemble en raison des agissements d'une petite minorité violente», a-t-il ajouté.

La décision a aussi été condamnée par le ministre de l'Intérieur Gilad Erdan. «Je comprends les inquiétudes des citoyens face à la vague de terrorisme actuelle, mais cela ne doit pas rejaillir sur des pans entiers de la population», a-t-il déclaré à la radio publique.

Une «décision raciste»

Le député arabe israélien Ahmed Tibi a, quant à lui, dénoncé sur la même radio une «décision raciste» et une «infraction à la loi». «Comme d'habitude, les considérations de sécurité servent de feuilles de vigne au racisme», a-t-il ajouté.

La ministre de la Justice, Tzipi Livni, a demandé au procureur général de se pencher sur ce dossier. «Si quelqu'un pense que ce que je fais est illégal, qu'il me traduise devant la Cour suprême», a répliqué Itamar Shimoni à la télévision. «Je préfère être forcé d'aller à la Cour suprême qu'aux funérailles d'un petit enfant...»

Cette décision du maire d'Ashkelon illustre la détérioration des relations entre Israéliens et Palestiniens vivant ou travaillant en Israël, principalement sur des chantiers de construction, dans le contexte de violences qui agitent quotidiennement Jérusalem et qui se sont étendues au reste du pays.

Ces tensions ont redoublé avec l'attentat de mardi dans une synagogue d'un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, où quatre juifs en prière et un policier ont été tués, en plus des deux auteurs palestiniens de l'attentat, originaires d'un quartier de Jérusalem-Est.

Résolution pour un Etat palestinien

Alors que la violence refait surface la création d'un Etat palestinien, déjà reconnu par quelque 135 pays, fait son chemin en Occident. Ainsi, le groupe socialiste de l'Assemblée nationale française a déposé jeudi une proposition de résolution qui «invite le gouvernement français à reconnaître l'État de Palestine en vue d'obtenir un règlement définitif du conflit». Le texte sera soumis au vote le 2 décembre s'il est déclaré recevable par le gouvernement.

Par ailleurs, l'ambassadeur israélien Isaac Bachman va retourner en Suède le 29 novembre, a annoncé l'ambassade israélienne à Stockholm. Fin octobre, la décision de Stockholm de reconnaître l'Etat de Palestine avait été considérée comme «malheureuse» par l'Etat hébreu, qui avait immédiatement rappelé son ambassadeur pour consultations.

«Cette date est symbolique, car c'est le 29 novembre 1947 que l'Assemblée générale des Nations unies a officiellement reconnu l'Etat d'Israël», a indiqué l'ambassade dans un communiqué. (ats)

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